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La question de l’indépendance de la Catalogne tourne au débat de caniveau

vendredi, 8 septembre, 2017 - 07:03

Alors que la date à la quelle doit se tenir la consultation populaire au sujet de l'indépendance de la Catalogne approche, les débats sont de plus en plus passionnés et, parfois injurieux. Ils marquent en tout cas une ligne de fracture très claire qu'il semble difficile d'atténuer.

« Il n’y aura pas de référendum d’autodétermination ». Pour le Premier ministre espagnol, la chose est entendue : la Catalogne (7,5 millions d’habitants), qui veut mettre aux voix le 1er octobre prochain son indépendance, restera dans le giron de Madrid. Mariano Rajoy a annoncé, hier, qu’il porterait devant la Cour constitutionnelle la loi votée la veille au Parlement régional catalan, autorisant la tenue du référendum. Selon le texte, si le « oui » l’emporte, la région autonome prononcera son indépendance dans les 48 heures.

Dans le même temps, il a appelé les nationalistes à cesser « l’escalade politique ». Sans pour autant recevoir de réponse positive de la part de ces derniers – loin de là. On se souvient que, quelques jours seulement après les attentats en Catalogne, les 17 et 18 août derniers, et qui avaient fait 16 morts, les indépendantistes catalans avaient réaffirmé leur volonté d’organiser la consultation populaire.

Sauf que, cette fois-ci, le parquet général espagnol a annoncé que des poursuites allaient être engagées contre les dirigeants de la Catalogne, dirigée depuis 2015 par des indépendantistes, et que le matériel électoral serait saisi. Selon Mariano Rajoy, le référendum représente en effet « un acte intolérable de désobéissance aux institutions démocratiques. » Le Premier ministre a également rappelé aux maires catalans que leur devoir était de bloquer toute initiative liée au vote.

« Menaçocratie »

De son côté, le porte-parole du gouvernement catalan, Jordi Turull, est on ne peut plus clair : « Qu’il neige ou qu’il vente, nous [organiserons le référendum] parce que c’est notre contrat avec les citoyens de Catalogne ». Des propos qui rejoignent peu ou prou ceux du président de l’exécutif de la région autonome, Carles Puigdemont, qui a estimé que le résultat de la consultation s’imposerait quelle que soit la participation.

S’il y a donc très clairement – et ce depuis longtemps – une fracture entre, d’un côté, les nationalistes catalans et, de l’autre, les anti-indépendances, les débats viennent de prendre un tournant extrêmement passionné et, parfois, injurieux. Ainsi Inès Arrimadas, la chef de file du parti antinationaliste Ciudadanos en Catalogne, a-t-elle annoncé, mardi 5 septembre, qu’elle allait porter plainte contre des « manifestation[s] claire[s] de haine. » En cause : le post Facebook d’une internaute catalane pro-indépendance, qui lui avait souhaité de se faire « violer en groupe, parce qu’elle ne mérite rien d’autre, cette chienne dégoûtante. »

Loin d’entamer son moral, Mme Arrimadas a profité d’une session parlementaire le 6 septembre pour interpeller le président catalan au sujet des tensions liées au référendum. « Vous êtes sur le point de commettre l’erreur démocratique la plus grande de l’histoire de la Catalogne. De ce qui se passera, vous serez le premier responsable » lui a-t-elle dit. Sauf que si M. Puigdemont reconnait une menace, c’est uniquement celle qui vient du gouvernement espagnol, qualifié de « menaçocratie ».


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