Connexion

Syndicate content

Crise du Golfe : pour Emmanuel Macron, l’embargo contre le Qatar doit être levé

lundi, 18 septembre, 2017 - 07:23

La semaine dernière, l'émir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al-Thani, était en Europe pour discuter de la crise diplomatique qui oppose le petit émirat à l'Arabie saoudite depuis le 5 juin dernier. Si la France et l'Allemagne sont apparues mesurées dans leur soutien, la Turquie prend clairement position pour Doha, son allié dans le Golfe. 

Certains avaient pu croire à un réchauffement des relations entre le Qatar et l’Arabie saoudite. Il n’en fut rien. Vendredi 8 septembre, Tamim Ben Hamad Al-Thani, l’émir du Qatar, s’est entretenu au téléphone avec Mohammed Ben Salman, le prince héritier saoudien, pour essayer de sortir de la crise diplomatique entre les deux voisins – qui vient de dépasser les cent jours. Et tandis que Doha se félicitait de cet échange, affirmant même qu’elle était prête à mandater une personne de chaque pays pour se pencher sur les points litigieux, Riyad est apparue beaucoup plus mesurée, annonçant l’arrêt immédiat de tout contact.

En fin de semaine dernière, l’émir du Qatar s’est rendu en Europe, où il a rencontré successivement le président turc, Recep Tayyip Erdogan, la chancelière allemande, Angela Merkel et, vendredi, le président français Emmanuel Macron. Celui-ci a d’ailleurs demandé la levée, « le plus rapidement possible », de l’embargo affectant les populations qataries, tout en réaffirmant « la volonté de la France, qui entretient des relations d’amitié et de confiance avec tous les pays impliqués dans cette crise, de jouer un rôle actif en appui à la médiation koweïtienne, pour qu’une issue rapide soit trouvée à cette situation. »

« S’assoir à une même table »

Pour mémoire, l’Arabie saoudite, avec le soutien de l’Egypte, des Emirats arabes unis et du Bahreïn, a coupé toute relation avec le Qatar le 5 juin dernier, l’émirat étant accusé de s’être rapproché de l’Iran – bête noire des Saoudiens -et de faciliter le terrorisme. Le chef de l’Etat français avait déjà esquissé une tentative de règlement de la crise en s’entretenant début août au téléphone avec le prince héritier saoudien. Mais il n’est pas évident, pour Paris, de prendre clairement position : la France a tissé des relations économiques et financières avec les deux pays du Golfe – même si Doha représente, davantage que Riyad, un partenaire majeur.

De son côté, Angela Merkel a également estimé que « les acteurs [de cette crise] doivent au plus vite s’assoir à une même table. [Berlin] veut apporter sa contribution pour résoudre ce conflit de manière à ce que chacun puisse sauver la face ». Pour la chancelière allemande comme pour le président français, il est clair que le conflit ne peut se résoudre en public avec « chacun de par le monde qui fait ses appréciations. Nous devons créer les conditions pour que le contenu des pourparlers ne se retrouve pas dans les journaux » selon Angela Merkel.

Les choses sont moins contrastées du côté de la Turquie, dont le Qatar est le principal allié dans la région du Golfe. Aussi bien sur les plans diplomatique, commercial et militaire, Ankara et Doha ont développé ces dernières années des relations qui ont poussé, la semaine dernière, M. Erdogan à prendre parti pour le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani. Qui est actuellement à New-York, pour participer à la 72ème assemblée générale de l’ONU, du 19 au 23 septembre prochains. Si la crise du Golfe ne sera sûrement pas le seul sujet de conversation, le moment sera sans doute propice pour tenter certains rapprochements.


Réactions
Pays