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Emmanuel Macron : « Nous devons refonder le projet européen par et avec le peuple »

mercredi, 27 septembre, 2017 - 06:56

Hier, le chef de l'Etat a tenu un discours devant un parterre d'étudiants à la Sorbonne, à Paris, pour préciser sa vision de l'Europe et expliquer les réformes qu'il souhaite mettre en oeuvre. Parmi celles-ci : des mutualisations budgétaires, un renforcement de la zone euro et davantage de démocratie européenne.

Agir maintenant et en profondeur pour ne pas s’attirer le mépris des générations futures. Telle est l’ambition d’Emmanuel Macron pour l’Europe, réaffirmée hier aux étudiants de la Sorbonne, à Paris, lors d’un discours de plus d’une heure et demi. Avec, à l’appui, plusieurs initiatives – dans à peu près tous les domaines, de la fiscalité à l’économie en passant par la défense et l’éducation -, pour que l’Europe continue d’exister face à la Chine et aux Etats-Unis. Et, surtout, résiste à l’obscurantisme qui guette le continent, qui voit les partis d’extrême droite se rapprocher de plus en plus des sphères du pouvoir – quand ils ne l’occupent pas déjà.

Le chef de l’Etat français a ainsi proposé de renforcer l’Europe de la défense et de la sécurité. Il souhaite que soient créés, notamment, une « force commune d’intervention » européenne pour 2020, un budget de défense commun et une « doctrine commune » pour agir, une académie européenne du renseignement pour « assurer le rapprochement de nos capacités de renseignement » et, enfin, un parquet européen contre le terrorisme.

M. Macron a également abordé le volet écologique, en déclarant notamment que « les bouleversements climatiques menacent ». Pour y remédier : « une force européenne de protection civile mettant en commun les moyens de secours et d’intervention pour répondre aux catastrophes de moins en moins naturelles comme les séismes et les inondations. » Sur la transition énergétique, le président de la République a mentionné un « juste prix » pour le carbone, « suffisamment élevé », de 25 à 30 euros la tonne, pour pénaliser les industries polluantes.

Pour le volet économique et social, Emmanuel Macron a ressorti un vieux serpent de mer européen : il souhaiterait qu' »une taxe sur les transactions financières » soit créée et « affectée intégralement à l’aide » au développement. « Il y a deux pays en Europe qui ont une taxe sur les transactions financières » : la France et la Grande-Bretagne. Le chef de l’Etat souhaiterait simplement la généraliser à l’ensemble des Etats membres, alors que l’idée est aussi ancienne qu’elle fait peu consensus au sein de l’Union européenne (UE).

Concernant les sociétés, M. Macron a mentionné une « fourchette de taux » d’impôt commune d’ici 2002 ainsi qu’un salaire minimum en fonction de la réalité économique de chaque pays. Question zone euro, il souhaite la renforcer en créant notamment « un budget plus fort » qui permette de financer des investissements communs, un ministre des finances et un contrôle démocratique.

Plus de démocratie c’est, de manière schématique – et plus philosophique -, ce que le chef de l’Etat espère apporter à l’Europe sous son mandat. « Nous devons refonder le projet européen par et avec le peuple » a-t-il d’ailleurs déclaré à la Sorbonne, appelant à « un vaste débat sur l’Europe dans les pays qui le souhaitent. » Le but : « offrir un contenu à l’Europe avant les élections européennes de 2019 » en organisant des discussions ouvertes, libres et transparentes. Emmanuel Macron propose d’ailleurs de former des listes transnationales dès 2019 pour élire les eurodéputés.

Enfin, sur la jeunesse, le président français souhaiterait que chaque jeune Européen ait passé au moins six mois dans un autre pays européen. Selon lui, « l’Europe du multilinguisme est une chance » et « chaque étudiant [devra parler] au moins deux langues européennes d’ici 2024 ». Plus l’anglais – qui ne sera officiellement plus une langue européenne en 2019 si le Brexit suit son cours ? Les emplois du temps scolaires risquent d’en prendre un coup.


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