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Egalités des sexes : la France avance plus vite que ses voisins

jeudi, 9 novembre, 2017 - 13:12

Le dernier rapport mondial du WEF sur les inégalités de genre pointe une légère dégradation de l’indice global. Mais l’Europe continue de progresser et la France a spectaculairement redressé la barre depuis dix ans.

La publication, début novembre, du douzième rapport annuel sur les inégalités de genre du Forum économique mondial n’est pas passé inaperçu. C’est en effet la première fois que l’indice global des inégalités, en constante amélioration depuis 2006, marque un léger recul.

Cette dégradation est essentiellement le fait de deux régions du monde, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, tandis que l’Union européenne continue de progresser un peu dans son ensemble mais avec de fortes différences entre pays.

Une tâche complexe

La mesure des inégalités est une tâche complexe car elle touche une infinité de secteurs ou de sphères d’activité. Le forum économique mondial (ou, en anglais, WEF pour World Economic Forum) se préoccupe essentiellement des domaines économiques, politiques et sociaux.

Mais elle tend à délaisser ce qui relève exclusivement de la vie privée, comme par exemple l’exécution des tâches ménagères. Un domaine très difficile à analyser pour les 144 pays du monde examinés par le rapport.

Ce rapport se focalise donc essentiellement sur quatre grands domaines : la participation économique, l’éducation, la santé et l’implication dans la vie politique. Autant de sous-indices qui constituent l’indice global mesuré de 0 – l’inégalité absolue à 1, l’égalité parfaite.

Pour être plus lisible, contentons-nous d’observer la différence entre ce qu’atteignent les femmes par rapport aux hommes dans un pays donné en matière de rémunérations, de poste de directions dans les entreprises ou de nombre de députés.

Ainsi, pour les 144 pays analysés par le rapport du WEF, l’indice global de 0,68 atteint en 2017 signifie que les femmes accusent un retard de 32% par rapport aux hommes. L’an dernier, ce retard n’était « que » de 31,7%.

L’Europe la plus égalitaire

Le rapport du WEF ne considère pas l’Union européenne en tant que telle car il distingue d’une part l’Europe de l’Ouest et, d’autre part, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale.

L’Europe de l’ouest est la zone la plus égalitaire du monde avec un retard global de 25% des femmes sur les hommes contre 28% pour l’Amérique du nord et 29% pour l’Europe de l’Est.

Mais en reconstituant les performances de l’union européenne, celle-ci reste, avec un retard de 26%, la zone politique la plus égalitaire.

La France cinquième sur 28

En 2017, comme grosso-modo en 2016, les quatre pays les plus égalitaires sont, dans l’ordre la Finlande, La Suède, la Slovénie et l’Irlande qui affichent un retard des femmes de 20% ou moins.

La bonne surprise pour les Français est que leur pays se classe désormais à la cinquième place européenne (et à la onzième mondiale sur 144) alors qu’il n’était que 7ème européen et 17ème mondial l’an dernier.

Et en 2006, sur 115 pays, la France n’émergeait qu’à la 70 ème place en accusant un retard féminin de 35% sur les hommes ! Elle a depuis progressé de 13 points (le retard n’est plus que de 22%), ce qui constitue une des plus fortes réduction des inégalités au monde.

Cette rapide progression tient essentiellement à trois facteurs : la loi de 2011 concernant le progrès dans la parité au sein des conseils d’administration, l’instauration de la parité au gouvernement en 2012 et enfin, cette année, la forte augmentation du nombre d’élues féminines au Parlement.

C’est ainsi que la France est, hormis la Bulgarie, le pays de l’Union dont l’indice global a le plus progressé en 2017. L’Héxagone fait désormais légèrement mieux que l’Allemagne qui, jusque-là, était toujours devant.

Italie, Hongrie, Autriche mal classées

Parmi les mauvais élèves de la classe européenne, on trouve l’Italie dont l’indice de parité régresse cette année et qui n’occupe que le 24 ème rang européen et le 82 ème rang mondial.

Mais la lanterne rouge est occupée par la Hongrie et des pays comme la République tchèque, la Roumanie et même l’Autriche sont encore bien loin en termes d’égalité.

Les inégalités salariales restent fortes

Si l’on excepte la participation politique, où les femmes accusent un retard d’au moins 50% par rapport à leurs homologues masculins, la sphère économique reste un lieu de fortes inégalités.

Pour l’Union européenne, la différence de revenus entre hommes et femmes est globalement de 35%, au détriment bien sûr de ces dernières. Un seul pays de l’Union, la Slovénie, est parvenu à réduire ce « gap » à moins de 20%.

La Suède est à 22% et, bonne surprise encore, la France arrive à la troisième position européenne avec un retard de revenu de 26% pour les femmes.

Notons que l’Allemagne ne se situe qu’à la 10ème place européenne, que le Royaume-Uni est dans les 8 derniers et que les Pays-Bas font figure de lanterne rouge, même si, dans ce cas, le retard des femmes s’explique surtout par le fait qu’elles occupent la majorité des très nombreux emplois à temps partiel.

Il faut toutefois signaler que si l’on compare les écarts de rémunération hommes-femmes à travail, temps de travail et niveau de qualification égaux – ce que ne mesure pas le rapport du WEF – les écarts salariaux sont moindres, de l’ordre de 10 à 15%.

Enfin, dans deux domaines, les inégalités sont réduites, voire nulles en Europe. Il s’agit de la santé et surtout l’éducation où pratiquement tous les pays de l’Union ont atteint l’égalité.


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