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Europe-Turquie : l’impasse

samedi, 6 janvier, 2018 - 13:15

Alors que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, était reçu à Paris cette semaine, son homologue français, Emmanuel Macron, a semblé acter que la Turquie n'entrerait jamais dans l'Union européenne.

La conférence commune donnée à la suite du déjeuner entre Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron, le 5 janvier à l’Elysée, a acté le divorce entre la Turquie et l’Union européenne (UE). Le président français a enterré les négociations d’adhésion du pays à l’UE, qui étaient déjà, de fait, au point mort depuis la tentative de coup d’Etat ratée en Turquie, en 2016.

« Il est clair que les évolutions et les choix récents de la Turquie ne permettent aucune avancée sur le sujet », a déclaré Emmanuel Macron, faisant clairement référence à la répression qui sévit dans le pays depuis la reprise en main autoritaire du régime. « Nous devons sortir de l’hypocrisie qui consiste à penser que l’ouverture progressive de nouveaux chapitres est possible. C’est faux », a lancé le président français devant son homologue turc, lui demandant au passage le « respect de l’Etat de droit ».

La Turquie « fatiguée » d’attendre

De son côté, Erdogan a déclaré que son pays était « fatigué » de frapper à la porte de l’UE : « Cela fait 54 ans que la Turquie attend dans l’antichambre de l’UE (…). On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ».

Le président turc a également fait part de son ressentiment face à la promesse non tenue, selon lui, d’aide financière européenne pour la prise en charge des réfugiés syriens. Un accord qualifié « d’accord de la honte » par de nombreuses ONG, qui considèrent que l’Europe « soustraite » à la Turquie la question des migrants.

Recep Tayyip Erdogan a balayé les accusations d’Emmanuel Macron, estimant que les arrestations de journalistes et d’intellectuels étaient motivées par la lutte contre le « terrorisme ». Depuis la tentative de putsch avortée, quelque 140 000 personnes ont été limogées et plus de 55 000 arrêtées arbitrairement à travers le pays.


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