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Intégration: vices et vertus du modèle suédois

dimanche, 3 octobre, 2010 - 22:13

Si la Suède pratique une vraie politique d’aide à l’insertion des étrangers, leur accès à l’emploi reste difficile.

La Suède compte 16,2 % d’étrangers ou d’immigrés de la première génération, nés de parents étrangers. Les nouveaux arrivants, dès lors qu’ils sont acceptés, bénéficient d’une politique d’accueil et d’intégration gérée par les communes. Celles-ci reçoivent une enveloppe de 17 730 euros par immigré adulte. Les aides, fournies pendant une période de deux années en principe, sont diverses : des cours de suédois, une introduction aux valeurs et à la société suédoise, des formations professionnelles ou un rattrapage scolaire lorsque c’est nécessaire. Plus une allocation de 350 à 800 euros par mois, selon le nombre de personnes à charge.

Dans la pratique, la qualité de ces programmes d’intégration est variable selon les municipalités. L’objectif est cependant toujours le même : permettre aux nouveaux venus de pouvoir subvenir à leurs besoins et de prendre part à la vie de la société. Une fois enregistrés dans une commune, les étrangers bénéficient des mêmes droits économiques et sociaux que les Suédois. Ils peuvent notamment voter, depuis 1975, aux élections municipales. Selon une enquête réalisée en 2007 par le British Council, la Suède serait ainsi le pays d’Europe le plus favorable aux immigrés.

Salariés surqualifiés

Tout n’est pas rose cependant. L’aide accordée favorise certes les premiers pas des étrangers dans la société suédoise. Mais elle ne les protège pas contre les discriminations à l’embauche. Or, celles-ci restent l’un des principaux points noirs. Les employeurs suédois rechignent à employer des immigrés. Résultat : pour beaucoup d’étrangers, l’accès au marché du travail passe par l’entreprise individuelle. Même bardés de diplômes, ils sont chauffeurs de taxi ou pizzaïolos… Selon le dernier rapport de l’Institut suédois des statistiques, environ la moitié des salariés nés sur le continent africain et diplômés de l’enseignement supérieur sont surqualifiés pour l’emploi qu’ils occupent, alors que ce taux n’est que de 20 % pour les Suédois.

Autre problème régulièrement dénoncé par les politiciens : la trop grande concentration d’immigrés dans certaines zones qui deviennent des ghettos. Un rapport sur le sujet a été présenté en juillet 2008 par la ministre de l’Intégration, Nyamko Sabuni. Il soulignait notamment que le nombre de ces zones à risque était passé de trois en 1990 à cent cinquante-six en 2006. À la suite de la publication de cette enquête, des discussions ont été entamées pour tenter de convaincre les nouveaux arrivants de ne pas se concentrer sur certains quartiers ou villes, comme à Södertälje, cas extrême au sud de Stockholm, qui accueillait ces dernières années des milliers de réfugiés chrétiens d’Irak. Des mesures ont aussi été annoncées dans le domaine de la formation, en particulier pour les diplômés étrangers afin de les aider à valider leur cursus.

Comme partout en Europe, la politique d’intégration des immigrés fait partie du débat politique en Suède. La gauche dénonce régulièrement les discriminations et la xénophobie, la droite l’afflux d’étrangers et leur concentration dans certaines banlieues.




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