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Corruption en Italie : la gangrène se généralise

vendredi, 24 septembre, 2010 - 12:17

Malversations diverses, fraudes, détournement d’aide publique, trafics en tous genres, collusion avec la mafia de hauts fonctionnaires et de politiques sont monnaie courante en Italie. Ce n’est, certes pas nouveau, mais la corruption a atteint ces derniers temps un niveau particulièrement inquiétant. Il y a quelque chose de vraiment pourri au royaume de Berlusconi.

En Italie, les scandales de corruption sont comme les feuilles mortes, on les ramasse à la pelle, mais sans attendre l’automne… Le début de printemps est également une bonne saison pour les juges qui ne connaissent pas vraiment de période de repos. Derniers exemples en date, à la veille de la récente campagne électorale pour les régionales, les Abruzzes dévastée il y a tout juste un an par un terrible séisme, a été secouée par un nouveau tremblement de terre quand la presse a révélé unevaste affaire de corruption qui impliquait le chef de la Protection civile, Guido Bertolaso, accusé de malversations dans l’attribution de chantiers prioritaires à l’Aquila.

La colère des habitants de la région déjà martyrisée par la nature, a éclaté quand elle a pris connaissance d’écoutes téléphoniques mettant en scène des proches de Guido Bertolaso. Il est vrai qu’il y avait de quoi voir rouge ! Lors d’une conversation téléphonique interceptée par les carabiniers, deux entrepreneurs riaient à en perdre haleine en apprenant que la cité médiévale de l’Aquila venait d’être emportée par un tremblement de terre. "Nous avons du boulot pour au moins dix ans !" affirmait l’un des deux hommes en s’esclaffant à quatre heures du matin pendant qu’à L’Aquila, les survivants tentaient de sauver leur peau et que la terre continuait de trembler.

Milliards d’euros

En octobre dernier, Sandra Mastalle, c’est l’épouse de l’ancien ministre de la Justice du gouvernement Prodi qui a provoqué la chute du "professeur" et favorisé le retour aux affaires de Silvio Berlusconi, était interdite de séjour en Campanie. Selon le parquet de Naples, Sandra Mastalle, présidente de la région de la Campanie serait impliquée dans une affaire de malversations, d’abus de pouvoir dans l’exercice de ses fonctions et de concussions avec la mafia.

Il y a un mois, le monde des télécommunications tremblait après l’arrestation de Silvio Scaglia, fondateur de Fastweb, le deuxième opérateur italien spécialisé dans la fibre optique et absorbé en 2007 par Swisscom. Et de Stefano Mazzitelli, l’ancien administrateur délégué de Sparkle la filiale de Telecom Italia impliqué dans un scandale de fausses facturations et de fraude fiscale. Pour le parquet de Rome, les deux hommes qui clament leur innocence, sont accusés d'avoir facturé quelques 2 milliards d'euros de services téléphoniques fictifs auprès de sociétés étrangères de complaisance. Cette opération aurait permis aux deux sociétés de frauder le fisc pour un montant de 365 millions d'euros.

A droite comme à gauche

Pour compléter ce sombre panorama de la corruption en Italie, il ne faut pas oublier les petits scandales impliquant des sous-secrétaires d’état accusés d’avoir frayé avec la Pieuvre. Ou l’affaire du gouverneur démocrate du Latium épinglé pour des histoires de cocaïne et de rendez-vous coquins avec des transsexuels. Ou celle encore du maire démocrate de Bologne qui a du rendre son tablier en novembre dernier toujours pour des histoires de femmes et d’argent public mal dépensé.

Mais la multiplication de ces scandales en tous genres qui touchent l’ensemble de la classe politique, toutes tendances confondues, ne semblent pas miner le moral des Italiens. Du moins en apparence. Comme il est loin le temps où les Transalpins se révoltaient et chassaient Bettino Craxi, le leader socialiste des années quatre vingt dix, en lui jetant des pièces de monnaie en signe d’indignation.




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