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Modèle finlandais : Le mythe environnemental

jeudi, 23 septembre, 2010 - 11:52

Compétitivité, enseignement…, la Finlande est toujours sur le podium des classements internationaux. Mais qu'en est-il vraiment? La réalité est souvent bien décevante. Décryptages de notre correspondant à Helsinki. Premier volet de cette enquête : le respect de l'environnement.

La Finlande vient de perdre huit places au tout récent index Forbes-EPI (Environmental Performance Index) des «pays les plus propres du monde». De la 4ème place obtenue en 2008, la Finlande est reléguée au 12ème rang. Pire, trois de ses «collègues» nordiques et néanmoins amis – Islande (n°1), Suède (n°4) et Norvège (n°5) – caracolent en tête des pays les plus respectueux de l’environnement. Seul le Danemark, est, lui aussi en net recul, passant de la 26ème à la 32ème place du fait de sa pisciculture super polluante et de son manque de biodiversité.

Hier si fiers de leur image écolo, les Finlandais feignent d'ignorer ce déclassement de leur pays. Car s'ils adorent être classés dans les premiers mondiaux d’une quelconque catégorie, succès toujours bien relayés par les medias, ils n'acceptent pas que l'on remette en cause leur modèle de société par définition exemplaire. Ainsi, entre 1998 et 2007 aucun Finlandais ne pouvait ignorer que leur pays était classé au top pour la compétitivité, le niveau scolaire des collégiens de 15 ans (classement PISA), l’absence de corruption et, donc, hier encore, l’écologie. Mais, en cas de rétrogradation, comme les «Tontons flingueurs», «on méprise». Du coup, le classement des pays les plus propres du monde, ça n’intéresse soudain plus personne.

La Baltique polluée

Les chercheurs de Yale, responsables de ce classement EPI, ont, en fait, fini par s’apercevoir que si la Finlande restait un pays de pointe pour la santé et la plupart des critères sanitaires et écologiques, le bât blessait côté agriculture. Elle rejette dans l’eau tous les engrais chimiques possibles et imaginables et pollue abondamment la Mer baltique et les poissons se font plus rares. La pisciculture industrielle est également accusée: les pollutions émanant de ces fermes d’élevages de poissons et leurs impacts sur la fragile Baltique achèvent le travail de destruction maritime effectué par l’agriculture locale: à ce rythme trouver un poisson au large des côtes finlandaises à l’horizon 2020 tiendra du miracle.

Le gouvernement de centre-droit actuel s’efforce néanmoins de ménager éleveurs et agriculteurs en passant sous silence ce classement environnemental et en accusant le voisin russe de tous les maux. Les rejets urbains de Saint Petersbourg pollueraient à eux seuls toute la Baltique !


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