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La trêve de l’ETA laisse Zapatéro de marbre

mardi, 14 septembre, 2010 - 17:47

L’arrestation la nuit dernière de neuf militants de l’ETA chargés du repli des terroristes en France est une fin de non recevoir du gouvernement Zapatero à la proposition de cessez-le-feu de l’organisation basque. Seul l’irlandais Gerry Adams, leader du parti séparatiste irlandais Sinn Fein, veut encore y croire.

Quand l’ETA a annoncé le 5 septembre dernier sa décision d’« abandonner les actions armées offensives », personne n’y a cru, sauf Gerry Adams, leader du parti séparatiste irlandais Sinn Fein, considéré comme la vitrine politique de l'IRA provisoire. Il a voulu y voir une "avancée démocratique" qui pourrait potentiellement "mettre fin au conflit" entre le Pays basque et Madrid. C’est même la déception et la défiance qui ont dominé à la diffusion de la vidéo remise à la BBC par l’organisation terroriste basque.

Le Gouvernement Zapatero espérait, en fait, l’abandon définitif des armes et non un énième arrêt provisoire des actions terroristes. De plus, José Luis Zapatero est échaudé. Il garde un amer souvenir du dialogue mis en place avec l’ETA en 2006, après l’annonce du cessez-le-feu par la bande. Celle-ci y avait brutalement mis fin via un attentat dans l’aéroport de Madrid qui avait coûté la vie à deux personnes. Le Gouvernement a retenu la leçon. Face à cet engagement en demi-teinte de l’ETA, il avait donc prévenu que malgré ce cessez-le-feu unilatéral, la police, elle, respecterait, elle, pas de trêve.

Passeurs de terroristes

Preuve en est l’arrestation dans la nuit du 13 au 14 septembre de neuf membres d’Ekin, l’organisation chargée de veiller au respect de « l’orthodoxie militante » au sein de l’ETA et liée à la kale borroka (« lutte de rue »). Les membres interpellés la nuit dernière facilitaient les contacts entre les terroristes fuyant l’Espagne et l’antenne de l’ETA en France. Le ministère de l’Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, considère que l’opération a permis de « désarticuler » Ekin. Cette opération porte à 67 le nombre de membres ou proches de l’ETA arrêtés par les autorités espagnoles et françaises, depuis le début de l’année. La Justice espagnole a, par ailleurs, interdit l’organisation d’une manifestation prévue le 11 septembre dernier à Bilbao par la gauche « abertzale », du nom donné aux partis proches idéologiquement de l’ETA.

Autant dire que la requête présentée le 7 septembre dernier par le parti illégal proche de l’ETA, Batasuna, réclamant sa légalisation en réponse au geste de l’organisation terroriste, ne sera pas satisfaite. Batasuna espérait ainsi pouvoir se présenter aux prochaines élections municipales en mai 2011.


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