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Modèle finlandais : le mythe de la compétitivité et de l’éducation

jeudi, 23 septembre, 2010 - 12:12

L'image de la Finlande n'est pas seulement écornée sur l'environnement (lire le 1er volet de notre enquête « Modèle finlandais: le mythe environnemental »). La compétivité et le modéle éducatif ne sont plus ce qu'ils étaient. Même la corruption a fait son apparition au pays des mille lacs.

Dans le dernier classement "compétitivité" du World Economic Forum 2010, la Finlande a glissé de la 3ème à la 6ème place, sortie du peloton des trois premiers pays dont elle était une habituée et dont autorités et médias faisaient des gorges chaudes.

Dés lors, les Finlandais, vexés, cassent le thermomètre en mettant en doute l’intérêt de ce "prestigieux" classement, cocktail de statistiques et de sondages d’opinion, car en toute logique les pays classés dans les premiers devraient attirer les entreprises internationales. C’est le cas des quatre premiers actuels, Suisse, USA, Singapour et Suède, mais la Finlande qui n’a jamais attiré la moindre multinationale fait exception.

Le "miracle Nokia" has been

De fait, ce classement repose sur un malentendu: propulsée par le «miracle Nokia» des années 1995-2000 et le décollage fulgurant de ses activités de téléphonie, la Finlande a été illico dotée d’excellentes notes en compétitivité. Tout reposait sur les incroyables performances de Nokia et de son avance technologique. Patatra! A partir de 2000-2001, la firme alors championne mondiale des téléphones mobiles a commencé à délocaliser ses usines à tour de bras.

Aujourd’hui, il n’en reste qu’une en Finlande, celle de Salo qui produit quelques modèles haut-de-gamme, mais dont les jours sont comptés. Pourtant dans le sillage de ses «victoires» en matière de compétitivité d’il y a 8-10 ans, la Finlande conserve ce classement relativement bon – 6ème – qui paraît pourtant maintenant injustifié.

Malaise scolaire…

Dans le domaine de l’éducation: le trisannuel classement PISA, lancé par l’OCDE en 2000 présente quelques bizarreries: la Finlande est classée première en 2000 pour l’alphabétisation (mais le finnois, à l’opposé du français, s’écrit comme il se prononce: zéro faute en dictée assuré !), première en 2003 pour les maths et encore première en 2006 pour les sciences.

Le classement 2009 se fait à nouveau sur l’alphabétisation et sortira à l’automne 2010. Après les tragiques fusillades dans des établissements scolaires de Jokela (novembre 2007) et Kauhajoki (septembre 2008), après le profond malaise scolaire finlandais révélé par ces drames, la Finlande risque de ne plus occuper le haut du podium mondial.

et corruption

La corruption, enfin, ou son absence fait l’objet d’un classement bisannuel Transparency International. Jusqu’ici la Finlande y a toujours figuré dans les trois premiers. Mais, le Parlement n’a voté une loi sur le financement des partis qu’en… 2008. Auparavant, pas de loi et donc pas d’infraction. Et depuis 2008 tout se délite: le premier ministre Matti Vanhanen a été éclaboussé par le scandale "Tiura-Merisalo" à la Une des medias ce printemps: l’homme d’affaires Merisalo de Nova Group aurait payé des billets d’avion et divers équipements à la députée Marja Tiura. Président de Transparency International-Finlande, Santeri Eriksson rappelle qu’il y a déjà eu les scandales de corruptions lors de contrats avec la Slovénie (2007) et l’Egypte. Pour la Slovénie un procès est en cours. Et le Parlement finlandais de plancher sur la façon de réglementer les trafics d’influence, la gestion des lobbies… Santeri Eriksson voit la Finlande stagner entre 12ème et 15ème places dans les prochains classements.

Environnement, éducation, compétitivité la Finlande n’est décidemment plus un modèle. Seuls les responsables politiques d’autre pays de l’Union européenne à la recherche d’exemples à suivre font encore semblant de le croire.




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