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Coupe du monde de foot: l’Angleterre KO dans ses buts

vendredi, 3 décembre, 2010 - 12:20

Malgré la neige, des centaines d’Anglais s’étaient déplacés à Londres et dans d'autres villes pour suivre en direct sur un écran géant l'attribution de la coupe du monde 2018. Avec la victoire de la Russie, la consternation est à la mesure de l'espérance déçue.

Sam et Andy se sont pris la tête à deux mains et ont levé les yeux au ciel. "Oh non…" Comme plusieurs centaines d’Anglais, ils étaient venus suivre l’annonce de l’attribution de la coupe du monde 2018 au bord de la Tamise, dans un amphithéâtre en plein air accolé à la mairie et aux bureaux de la candidature anglaise.

Une bouteille de Guinness à la bouche pour l’un, de Holsten pour l’autre, afin de se réchauffer alors que la neige continuait à tomber, ils croyaient fortement à la victoire "du pays du football, où même pour suivre le championnat de deuxième division, comme chez nous à Leicester, il y a plus de vingt mille spectateurs dans les stades". Ils représentaient parfaitement le slogan de la candidature anglaise : "Angleterre unie, le monde invité".

Preuve de leur ouverture, les organisateurs avaient même recruté l’ancien international français David Ginola pour être l’un de leurs ambassadeurs. L’ancien joueur de Newcastle, Tottenham, Aston Ville et Everton nous a ainsi assuré qu’il y croyait fort:

C'est en Angleterre qu'est est né le football, où l’on vibre dans et en dehors des stades. Le hooliganisme des années 80 a disparu, le foot s’est totalement démocratisé et tout le pays vit ce sport à fond.

L’apparition du nom Russia de l’enveloppe tenue par le président de la FIFA Sepp Blatter a brisé leurs espoirs. La retransmission en direct de Zurich a été immédiatement coupée, l’amphithéâtre s’est vidé en quelques secondes. Sous le seul bruit du vent et des flocons, personne ne semblait vraiment comprendre.

La faute à la BBC ?

Au regard du décompte des votes, il paraît pourtant évident que le reportage diffusé lundi soir sur la BBC à propos des accusations de corruption à l’égard de trois des vingt-deux jurés de la FIFA a provoqué un rejet immédiat de la candidature jusqu’alors considérée comme la plus solide. Il y a quelques semaines, le Sunday Times avait déjà sorti une enquête où il exposait, vidéo à l’appui, la corruption de deux des membres de l’institution, depuis démis de leur fonction.

Les réactions n’ont évidemment pas tardé dans la presse anglaise. La BBC parlait hier soir de "choc", The Daily Telegraph de "l’Angleterre humiliée : deux votes gagnés dont celui de Geoff Thomson (l’ancien président de la fédération)". De son côté, l’un des journalistes du The Guardian se demandait sur son blog:

N’avons-nous pas tous été aspirés par l’excitation du processus de candidature ? Ne sentait-on pas que Blatter voulait les coupes du monde en Russie et au Qatar pour y pérenniser ce sport et pour l’enrichissement financier de la FIFA ?

A Singapour en 2005, Londres l’avait emporté à la surprise générale pour l’attribution des JO 2012 face au grand favori, Paris. Les Anglais se sont cette fois-ci retrouvés dans la peau du grand perdant.
 




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