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L’Europe version Hip Hop

dimanche, 9 janvier, 2011 - 12:15

Le projet Diversidad réunit 20 musiciens hip hop, de 12 pays d’Europe. L’album sort début février, la tournée commence la semaine prochaine. L’occasion de promouvoir les cultures urbaines en Europe, d’en fédérer les acteurs, d’en montrer la créativité et la diversité. Explications et perspectives.

Ils s’appellent Curse, Marcus Prince, Orelsan, Rival, Luche, Frenkie, Valete, Nach, Eversor ou Remi, ils sont allemand, suédois, français, belge, italien, bosniaque, portugais, grec ou croate. Leur nom ne vous dit peut-être rien, mais tous sont des artistes reconnus dans leur pays. DJ, beatmakers, rappeurs, chanteurs… Tous participent au projet Diversidad imaginé en 2008 par l’European Music Office. "Notre structure fait du lobbying à Bruxelles pour l’industrie de la musique, explique Jean-Marc Leclerc, l’un de ses responsables. Il y a trois ans, nous avons obtenu un budget de la Commission européenne pour une première expérience de collaboration entre artistes hip hop, autour de l’enregistrement d’un single." Un "test" qui fait son petit effet. Et convainc les organisateurs de se lancer dans un melting-pot plus ambitieux. 

Premier round : l’enregistrement de l’album

Au printemps 2010, en seulement dix jours. "Impossible de retenir plus longtemps des artistes ayant des carrières bien remplies dans leur pays !" note Jean-Marc Leclerc. Le moyen aussi de mettre au défi leur créativité. "Tous les morceaux sont nés en studio, raconte le producteur Spike Miller. Le pari était risqué : les participants ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, ils parlent neuf langues différentes, ont des univers différents. Mais tous ont joué le jeu, ont compris l’état d’esprit. Chacun a mis ses intérêts personnels de côté pour participer à une création commune."

La chanteuse allemande Mariama confirme : "Alors que notre rencontre a été provoquée, entre nous, la mayonnaise a pris très vite. Tout le monde était cool, avait envie d’avancer dans la même direction. En studio, on n’a pas trop pris le temps de réfléchir, on s’est tout de suite mis à parler, à écrire. Un processus continu de création et d’interaction ! Moi qui suis une artiste solo, qui tourne seule avec ma guitare, j’ai découvert le plaisir d’appartenir à un crew, à une famille artistique. Diversidad est porté par une énergie positive, un enthousiasme qui me donne l’impression de vivre les débuts du hip hop !"

Prochaine étape : le show

Chorégraphié par le Français Franck II Louise, pilier de la danse hip hop hexagonale, qui réunira sur scène les vingt artistes et des danseurs. "La scène apporte une nouvelle dimension au projet, donne du corps et de la présence à notre musique et à nos mots", estime Mariama. Premier concert le 13 janvier 2011 aux Pays-Bas, dans le cadre du festival Eurosonic, puis ce sera Paris en avril, l’Autriche et l’Espagne en mai (festivals Hip Hop Connexion et Cultura Urbana), avant la tournée des festivals d’été, du côté de la Hongrie, de la Suède ou de la Croatie.

Cerise sur le gâteau : une exposition itinérante

Des œuvres conçues pour l’occasion par la crème du graffiti européen, à pister cet été dans les capitales européennes.

L’Europe se construit plus dans ce genre de collaboration que dans les bureaux de Bruxelles ! 

sourit Jean-Marc Leclerc. "Ensemble, on parle de musique, de nos vies quotidiennes. On apprend comment ça se passe en Croatie, en Suède, en Italie, au Portugal, en Grèce ou à Bruxelles. On se rend compte qu’il y a des scènes hip hop partout, pas seulement en France, en Allemagne et en Espagne. On devient curieux, on se projette au-delà d’un contexte uniquement national", poursuit Mariama. Et Spike Miller de conclure : "L’Europe politique ne représente rien pour moi, mais Diversidad m’a fait prendre conscience à la fois de la diversité de nos cultures, et de la force d’expériences communes comme celle-ci". Le public et les médias de chaque pays suivront-ils ? C’est une autre histoire. 

 

 




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