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Egypte : L’Europe reprend avec retard les propos d’Obama

jeudi, 3 février, 2011 - 15:12

Après l’appel au calme de la Maison Blanche, les cinq plus grands pays d’Europe appellent, eux aussi, à une transition "rapide et ordonnée" en Egypte. Avec 48 heures de retard et presque mot pour mot.

Deux jours après la déclaration du Président Américain, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, David Cameron, Silvio Berlusconi et José Luis Zapatero font part dans un communiqué commun de leur "extrême préoccupation" quant à la "dégradation de la situation" égyptienne. Cette fois-ci, Nicolas Sarkozy a décidé de la jouer collectif, peut être pour éviter de réitérer les erreurs de communication vis-à-vis de la Tunisie. Les cinq dirigeant européens ajoutent que "seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l'Egypte doit faire face aujourd'hui. Ce processus de transition doit commencer dès maintenant"

Barack Obama avait pris les devants mardi soir en déclarant "que la transition politique doit être profonde, qu’elle doit être pacifique et qu’elle doit commencer maintenant". Les Etats-Unis ne tiennent donc pas à envenimer la situation avec leur principal interlocuteur. Au Moyen Orient, l’Egypte est seul pays à pouvoir faire contrepoids à l’Iran. Avec la Jordanie, c'est aussi le seul pays arabe à avoir signé la paix avec Israël.

Le Président égyptien refuse, contrairement à Ben Ali, de s'exiler: "c’est mon pays et je mourrai sur ce sol". Il est vrai que l'état major de l'armée ne l'a pas, pour le moment, mis en demeure de fuir. D’ici à l’élection présidentielle de septembre, il promet d'assurer une transition pacifique du pouvoir.

De son côté, Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, s'est limitée à demander que les responsables de la violence qui règne dans les grandes villes du pays "soient traduits en justice". Les heurts de la place Tahrir du Caire entre pro et anti-Moubarak ont déjà fait au moins cinq morts. Pour sa part, l’ONU a avancé mardi le chiffre de 300 morts et 3 000 blessés dans tout le pays depuis le début des émeutes.

 

La déclaration européenne :

Nous observons la dégradation de la situation en Egypte avec une extrême préoccupation. Les Egyptiens doivent pouvoir exercer librement et pacifiquement leur droit de manifester et bénéficier de la protection des forces de sécurité. Les agressions contre les journalistes sont totalement inacceptables. Nous condamnons tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence, qui ne fera qu'aggraver la crise politique que traverse l'Egypte. Seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l'Egypte doit faire face aujourd'hui. Ce processus de transition doit commencer dès maintenant"

Pour préserver les relations diplomatiques avec l’Egypte, un sommet des chefs de gouvernement européens se tiendra ce vendredi à Bruxelles. Par ailleurs, Paris se tient prêt à aider les Français qui souhaitent rentrer.
 




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