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Isabel Jonet, l’égérie de l’humanitaire

samedi, 12 mars, 2011 - 16:09

A la tête de la Banque alimentaire contre le faim du Portugal, cette économiste de formation est une des personnalités les plus en vue dans le pays, consultée par les partis politiques, les universitaires ou les entreprises dès qu’il s’agit de lutte contre la pauvreté.
6ème portrait de la série que Myeurop consacre, toute la semaine, aux femmes qui ont marqué l'année.

Tout le monde ou presque la connait. Il faut dire qu’Isabel Jonet sait faire parler d'elle. Cette activiste de la lutte contre la pauvreté, née en 1960, préside aujourd’hui aux destinées de la Banque Alimentaire Contre la Faim du Portugal qui collecte de la nourriture et la redistribue aux Institutions de solidarité sociale. Ce réseau de 11 banques est devenu le plus important d’Europe, le plus efficace aussi. Grâce à lui, 250 mille personnes  échappent aux affres de la faim au Portugal.

Diplômée en sciences économiques, cette "humanitaire nouvelle génération" a d’abord travaillé dans les assurances, avant de suivre son mari nommé à Bruxelles. Entre 1987 et 1993 elle travaille au sein du Comité Économique et Social des Communautés à Bruxelles. De retour au Portugal, parallèlement à l’éducation de ses cinq enfants, elle s’engage d’abord comme volontaire au sein de la Banque alimentaire avant d’être portée à la tête de l’institution où elle œuvre ardemment pour… sa disparition. Ce sera alors le signe que "la pauvreté aura disparu".

Conviction et pragmatisme

Pour réaliser son rêve, Isabel Jonet soulève tous les jours des montagnes : organiser les collectes d’aliments bi-annuelles, battant d’année en année les records de tonnes récupérées, s’occuper d’un vaste réseau de volontaires, et mettre en place des systèmes d’aide… Dernier en date, l’association  "Entrajuda" (entraide) chargée de proposer des services pour épauler les institutions sociales en difficulté à mieux s’organiser. L’idée est simple : un volontaire compétent sert d’agent de liaison entre l’institution et Entrajuda, afin de venir en aide concrètement et rapidement.

La présidente de la banque alimentaire échappe aux récupérations démagogiques, un exploit dans un pays où la charité- laïque ou religieuse – est l’un des piliers du fonctionnement social. Une charité qu’Isabel qualifie de "solidarité avec amour".  Consultée par le gouvernement, les partis politiques, les universitaires et même les entreprises, Isabel n’en garde pas moins les pieds sur terre. Sa meilleure arme ? : son pragmatisme, hérité de ses études et de sa vie professionnelle passée, mis au service de ses convictions.




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