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L’avenir de la Libye se joue à Londres plus qu’à Paris

lundi, 4 avril, 2011 - 11:23

Le gouvernement britannique discute directement avec des membres de l’entourage du colonel Kadhafi. Après la conférence sur la Libye en début de semaine dernière et la défection du ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, Londres est devenue le centre des négociations sur l’avenir de la Libye.

L’avenir de la Libye se joue à Londres. La conférence sur la Libye s'y est tenue mardi dernier et c'est aussi dans la capitale anglaise que Moussa Koussa, le ministre des affaires étrangères libyen, s'est réfugié mercredi après sa défection surprise. Vendredi, le gouvernement britannique a admis que Mohammed Ismail, le principal conseiller de Saif al-Islam Kadhafi, fils du colonel, avait passé plusieurs jours en Angleterre.

Si Tripoli justifie cette visite par des raisons personnelles – les enfants de M. Ismail étudient en Angleterre -, des officiels anglais ont assuré s'être entretenu avec lui. Sans dévoiler la teneur de ces discussions. Parallèlement, Khalid Ibrahim, le numéro deux de la représentation diplomatique libyenne à Londres, aurait également quitté le navire Kadhafi. Tous ces indices laissent à penser, comme l’indique un diplomate occidental qui désire rester anonyme, "que les fils de Kadhafi cherchent une issue à la crise".

Londres bombarde et prépare une issue politique

Le choix de Londres comme centre de négociations peut surprendre de la part des hommes de Tripoli. En effet, le Royaume-Uni est l’un de trois meneurs de la coalition occidentale et il bombarde sans ménagement leurs installations militaires depuis plus de dix jours.

Ensuite, l’enquête sur l’attentat de Lockerbie, au cours duquel les 259 passagers du vol Pan Am 103 Londres-New York et 11 personnes vivant dans la ville écossaise de Lockerbie ont péri en 1988, est toujours ouverte. Le ministre des Affaires étrangères démissionaire libyen Moussa Koussa est soupçonné d'en être le principal instigateur. Quelques heures après son arrivée sur le sol anglais, les procureurs écossais ont ainsi indiqué qu’ils avaient requis un interrogatoire avec le "transfuge".

Vieilles connaissances

Alors, pourquoi Londres malgré ce lourd passif libyen, plutôt que Paris ou même Washington? Les raisons paraissent, en fait, surtout historiques. Les services secrets anglais ont depuis longtemps une connaissance poussée de la Libye. Le ministre des Affaires étrangères britannique a ainsi indiqué que l’interrogatoire de Moussa Koussa est mené par "des membres de l’ambassade britannique à Tripoli, rapatriés spécialement à Londres et notre ambassadeur Richard Northern".

Le clan Kadhafi garde, par ailleurs, des liens étroits avec l’Angleterre : Moussa Koussa a été ambassadeur en 1979/80, Saif Kadhafi y a étudié plusieurs années et la poursuite de cette relation culturelle est confirmée par la présence des enfants de son principal conseiller à Londres.

Passerelle vers les Etats-Unis

Dernier avantage majeur pour Tripoli, Londres joue depuis bien longtemps le rôle de passerelle européenne vers Washington. Aux dires du porte-parole du Premier Ministre britannique David Cameron, l’arrivée sur le sol anglais de Moussa Koussa avait auparavant été discutée, et probablement approuvée, par la Maison Blanche.

Malgré les gesticulations de l’Élysée et du quai d’Orsay, la diplomatie de David Cameron, beaucoup moins ostentatoire, semble s’avérer plus fructueuse.




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