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Les Portugais échappent au pire

jeudi, 5 mai, 2011 - 11:04

Le FMI, l'Union européenne et Banque centrale européenne vont aider le Portugal. Avec pour objectif d’éviter un scénario à la grecque ou à l’irlandaise. Le ministre des Finances prévoit une reprise économique en 2013. Mais d'ici là, les Portugais vont serrer leurs ceintures de plusieurs crans.

"Nous avons évité le pire." les Portugais ont poussé un soupir de soulagement en apprenant que certaines mesures très impopulaires ne figureraient pas dans l’accord négocié entre le gouvernement et la Troïka de l’aide internationale.

Parmi celles-ci figuraient en bonne place la suppression des primes de vacances et de noël. En fait, des 13e et 14e mois — imposés et soumis aux cotisations sociales. Un complément importants pour les ménages portugais aux revenus souvent très modestes. C’est avec ces primes qu’ils achètent un réfrigérateur, qu’ils paient l’inscription à l’université de leurs enfants et l’assurance de la voiture, ou encore, remboursent une partie de leurs emprunts.

Il paraît logique que les réformes envisagées évitent de s’en prendre à ce bonus de pouvoir d'achat, ceci d’autant plus que l’impopularité de la mesure risquait d’aggraver la tension sociale. Les syndicats avaient prévenu: ne touchez pas aux primes, ce serait la goutte d'eau de trop.

Une ardoise lourde

Il faudra pourtant payer. Les Portugais le savent: on ne leur prêtera pas 78 milliards d’euros impunément. Le plan concocté par les émissaires du Fonds monétaire international (FMI), de l’Union européenne (UE) et de la Banque centrale européenne (BCE) repose en grande partie sur l’augmentation des recettes fiscales. La litanie des mesures réduisant le pouvoir d'achat est assez déprimante :

  • Les prestations sociales (indemnités chômage, de congés parentaux) vont être soumises à l’impôt.
  • Les pensions à partir de 1500 euros par mois seront ponctionnées.
  • Les exceptions aux tickets modérateurs seront supprimées.
  • Les malades se feront transporter à leurs frais et la médecine privée sera encore moins remboursée.
  • Les entreprises de transports publics vont gagner en autonomie pour appliquer leurs tarifs — revus à la hausse.

Si une augmentation généralisée de la TVA ne fait pas partie du plan présenté pour l’instant, l’impôt indirect sera réévalué pour certains biens et services, le gaz et l’électricité notamment (la TVA à 6 % actuellement pourrait passer à 13 ou 23 %).

D’autres impôts indirects comme celui sur les automobiles et la taxe immobilière vont également être augmentés. Sur l’immobilier, la priorité donnée jusqu’à présent à l’accès à la propriété a été responsable de l’endettement des ménages. A l’instar de ce qui est prévu en Grèce et en Irlande, le plan souhaite donc relancer la location.

Des réformes structurelles

Le Portugal n’est ni l’Irlande, ni la Grèce. Il ne l’était pas avant la crise et ne l’est pas plus après le plan d’aide. Aucune "bulle" financière, ni maquillage des comptes. En revanche, les réformes structurelles n’ont pas été toujours correctement menées.

Le gouvernement va, par ailleurs, devoir assouplir les conditions du licenciement, mais sans modifier fondamentalement le droit du travail. La Constitution portugaise reconnait le droit à l'emploi pour tous et une réforme fondamentale de la législation social n'est pas envisageable.

Les réformes structurelles pour relancer la compétitivité du Portugal passeront par la privatisation de tout un pan du secteur public ou para public.

José Socrates revient dans le jeu

José Socrates s’est offert le luxe de considérer comme "bon" l’accord négocié avec la Troïka. Entendez, le Portugal obtient 78 milliards d’euros de prêt — ce qui lui permettra dans un premier temps d’honorer une dette de 5 milliards d’euros mi juin —  et aura jusqu’à 2013, au lieu de 2012, pour revenir à 3 % de déficit du PIB.

Pour le Premier ministre sortant, le mémorandum d’entente avec la Troïka est une aubaine car il reprend les grandes lignes de son programme complémentaire d’austérité, dénommé PEC IV. Celui-là même que la droite centriste avait refusé de soutenir, conduisant José Socrates à démissionner, le 23 mars.

Fredonnant un air de "Je vous l’avais bien dit", Socrates a pris l’avantage pour les législatives du 5 juin. Du moins psychologiquement. Toutefois, il faudra que les socialistes et la droite parviennent à s’entendre, avant ou après le scrutin, pour appliquer les mesures. Car l’UE et le FMI sont très clairs : les "tranches" du prêt seront allouées sous condition de mise en oeuvre des mesures d'astérité, lesquelles seront contrôlées tous les trois mois.




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