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France : après 100 jours, Emmanuel Macron ne séduit plus autant

mercredi, 16 août, 2017 - 06:47

D'après un sondage IFOP dévoilé le 11 août dernier, les Français ne sont plus que 36 % à être satisfaits de l'action du président de la République. Qui a, entre des affaires judiciaires à répétition, des lois impopulaires et une brouille avec le chef d'état-major des armées, perdu le crédit qu'il avait en arrivant à l'Elysée.

La fameuse barre des 100 jours étant passée, place au premier « bilan ». Emmanuel Macron a-t-il terminé cette période des trois premiers mois – et quelques jours – comme il avait entamé son mandat, c’est-à-dire de manière assez convaincante, sur la scène internationale notamment ? La réponse est non.

S’il jouissait d’un vent favorable à son entrée à l’Elysée, le temps s’est gâté au fur et à mesure. Résultat : 36 % des Français seulement sont satisfaits de l’action du président de la République, alors que François Hollande, son prédécesseur, par exemple, bénéficiait de 46 % d’opinions favorables il y a cinq ans.

Les premières images d’Emmanuel Macron Président laissait pourtant présager le meilleur. Que ce soit à Bruxelles, lors de sa poignée de main avec son homologue américain, Donald Trump, tant observée puis analysée, ou à Versailles, où le chef de l’Etat est apparu déterminé et peu intimidable face à Vladimir Poutine, l’ancien ministre de l’Economie pouvait s’enorgueillir de faire bonne impression. Ce qui est moins le cas aujourd’hui donc. Plusieurs raisons à cela.

Affaires judiciaires et réforme du travail

La première : la succession des affaires judiciaires en début de mandat, alors que la moralisation de la vie publique est l’un des grands projets du nouveau président. Quelques jours après les élections législatives, alors que La République en marche (LRM) avait obtenu une majorité absolue à l’Assemblée nationale, trois ministre MoDem – François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard – quittent le gouvernement. La raison invoquée ? Une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris au début du mois de juin, sur l’emploi des assistants parlementaires européens du parti centriste.

Un autre membre du gouvernement, Richard Ferrand, ministre de la cohésion des territoires – et proche du président -, sera également inquiété par une affaire judiciaire et obligé de quitter le gouvernement après les élections législatives. Contrairement à son ancienne collègue, la ministre du Travail Muriel Pénicaud, touchée par une information judiciaire pour « favoritisme et recel de favoritisme » ouverte par le parquet de Paris début juillet. Et qui a, donc, choisi de rester – car non mise en examen pour l’instant.

Cette dernière est d’ailleurs porteuse de la réforme du travail souhaitée par Emmanuel Macron et qui est, jolie litote, loin de faire l’unanimité. Parmi les six lois votées par les parlementaires jusqu’à présent, celle qui habilite le gouvernement à réformer le code du travail par ordonnances est peut-être celle qui a le plus dérangé. Certains députés, notamment ceux de la France insoumise, dont le président de groupe au palais Bourbon est Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat à la présidentielle, ont accusé l’exécutif de vouloir faire « passer en force » la loi travail, sans véritable travail législatif.

Outre les six textes adoptés par le parlement, l’Assemblée a également adopté un projet de loi sur la prolongation de l’état d’urgence – du 15 juillet au 1er novembre -, la dernière selon Emmanuel Macron. Le Sénat, de son côté, a adopté une loi antiterroriste visant à inscrire certaines mesures dans le droit commun, qui sera discutée à l’Assemblée à la rentrée.

C’est, enfin, la crise militaire intervenue début juillet, entre, d’un côté, le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, et l’Elysée, qui a fait beaucoup de remous dans l’opinion. Le premier, qui avait ouvertement critiqué l’effort d’économies de 850 millions d’euros que devait faire la Défense, avait dû « démissionner » après qu’Emmanuel Macron lui avait fait comprendre qu’il était sur un siège éjectable. Il en va autrement pour l’opinion publique, qu’il est difficile de balayer d’un revers de manche.


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