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Barcelone : c’est bien l’Etat islamique qui est derrière l’attaque terroriste

vendredi, 18 août, 2017 - 09:36

L'attaque, qui a fait 13 morts et une centaine de blessés, a été revendiquée par Daesh en réponse à l'engagement de l'Espagne dans la coalition internationale qui oeuvre en Irak et en Syrie. Depuis les attentats de Madrid, en 2004, le pays s'est pourtant armé de l'un des meilleurs systèmes de prévention d'attaques terroristes au monde.

13 ans que l’Espagne n’avait pas été touchée par une attaque terroriste. Hier dans l’après-midi, peut avant 17 heures, une fourgonnette a foncé dans la foule sur les Ramblas, grande artère de la ville catalane, tuant au moins 13 personnes et faisant plusieurs dizaines de blessés, dont 26 Français. Un bilan qui pourrait toutefois s’alourdir ; plusieurs personnes restaient entre la vie et la mort vendredi matin.

Peu après l’événement, les forces de l’ordre espagnoles ont déjoué une autre tentative d’attentat à Cambrils, une station balnéaire au sud-ouest de Barcelone. Même modus operandi sauf que, cette fois, les cinq terroristes présumés ont été abattus par la police régionale catalane avant de faire des victimes.

L’Etat islamique (EI) a aussitôt revendiqué la première attaque – tandis que la seconde, d’après la police, est liée – dans un communiqué diffusé par Amaq, son agence, sur le réseau Telegram. « L’opération a été menée en réponse aux appels à cibler les Etats de la coalition » internationale anti-djihadiste opérant en Syrie et en Irak.

Système de prévention

Tout comme la France, qui a été frappée par l’organisation djihadiste l’an dernier, à Nice, dans des conditions similaires, l’Espagne est engagée dans la lutte contre l’EI au Moyen-Orient – à ceci près qu’elle ne participe pas aux frappes aériennes. Dès le mois d’octobre 2014, le gouvernement avait envoyé quelque 300 instructeurs militaires en Irak pour former plus de 20 000 soldats irakiens pour combattre Daesh (acronyme arabe de l’EI), qui a d’ailleurs fait du royaume une cible privilégiée.

Si c’est avant tout le tourisme et le mode de vie qui ont été visés, hier, à Barcelone et à Cambrils, Abou Bakr al-Baghdadi, le chef autoproclamé de l’Etat islamique, avait fait de la reconquête de tous les territoires occupés par les dynasties arabes de califes une priorité. Parmi ceux-ci, donc, l’Espagne et notamment le sud du pays, puisque l’Andalousie est restée sous domination musulmane pendant plus de huit siècles (711-1492). En 2004, l’explosion de plusieurs bombes dans des trains de banlieue madrilènes avait fait 191 morts et près de 1900 blessés. Une attaque revendiquée à l’époque par Al-Qaïda.

Depuis, Madrid a doté l’Espagne de l’un des tout meilleurs systèmes de prévention d’attaques terroristes au monde ; les deux organismes de renseignement et les forces de sécurité de l’Etat sont en première ligne, à la fois pour la prévention des attaques et pour les arrestations. Entre 2015 et fin 2016, 177 suspects en lien avec des enquêtes liées au terrorisme islamiste ont ainsi été arrêtés, la majorité d’entre eux étant poursuivis pour de simples actes de propagande ou de recrutement pour le compte de l’EI.

L’Espagne a « mis en oeuvre des mesures juridiques ambitieuses pour stopper l’afflux d’argent aux terroristes, qui ont été vivement louées par ses partenaires internationaux, comme le Groupe d’action financière » note par ailleurs le site Internet de la coalition internationale. « En 2015, [le pays] a également modifié son code pénal pour mieux combattre le financement du terrorisme », en application de la résolution 2253 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée pour lutter financièrement contre Daesh.

 


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