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Espagne : en Catalogne, « l’indépendantisme passe avant les victimes »

lundi, 28 août, 2017 - 12:41

Au lendemain d'une manifestation contre le terrorisme, dans les rues de Barcelone, qui a réuni 500 000 personnes, le chef de l'exécutif régional, Carles Puigdemont, a réaffirmé son souhait d'organiser un référendum le 1er octobre prochain pour l'indépendance de la Catalogne.

La durée du deuil aura été de courte durée. Alors les attentats terroristes de Barcelone et Cambrils ont fait leur seizième victime, hier, la politique a bel et bien repris ses droits en Catalogne. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a demandé publiquement aux séparatistes catalans de renoncer au référendum qu’ils préparent pour le 1er octobre prochain. Dont le but est de faire sécession, ni plus ni moins. « Notre engagement à tenir le référendum d’autodétermination est inébranlable » a répondu au Premier ministre le chef de l’exécutif régional de Catalogne, Carles Puigdemont.

Avec 15 % de la population espagnole (7,5 millions d’habitants sur 47 millions), une participation au PIB du pays à hauteur de 20 %, une langue et une histoire propres, la Catalogne revendique son autonomie depuis longtemps, sans succès jusqu’à présent.

Nation catalane

Preuve que la volonté de sortir de l’unité espagnole, chez certains Catalans, est forte, lors d’une marche dans la capitale catalane en mémoire aux victimes des attentas, samedi dernier, des huées se sont fait entendre et des drapeaux indépendantistes ont été agités. Des manifestations regrettables pour la majorité des journaux du pays. « L’indépendantisme passe avant les victimes » avait alors déploré « el Mundo » ; « el Pais », de son côté, avait regretté que « le fanatisme indépendantiste [ait] rompu une unité indispensable ».

Pourtant, les partisans d’une Catalogne indépendante, avec à leur tête M. Puigdemont, l’affirment très clairement : « nous sommes préparés à affronter n’importe quelle éventualité et nous pouvons gérer nos responsabilités. » Les Catalans « peuvent être certains que lorsque nous convoquerons le référendum, celui-ci aura lieu » a même ajouté le chef de l’exécutif régional. Qui a proposé à Madrid « une transition courte » si le oui l’emporte.

C’est en 2015 que s’est esquissée la possibilité d’un référendum. Le 9 novembre de cette année, le Parlement catalan adopte une résolution déclenchant le processus visant à créer une république de Catalogne indépendante de l’Espagne dès 2017. Quelques mois avant, les élections avaient donné aux deux partis favorables à l’indépendance de la Catalogne plus de la majorité des sièges du Parlement régional.

Des résultats logiques au vu de la poussée croissante, les années précédentes, du sentiment nationaliste de la région. Minoritaire jusqu’en 2010, l’indépendantisme politique s’est développé après que le tribunal constitutionnel du royaume espagnol a rejeté, cette année-là, un texte élargissant l’autonomie de la région et reconnaissant l’existence de la nation catalane.


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