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France : une rentrée gouvernementale ambitieuse pour gommer un été maussade

mardi, 29 août, 2017 - 07:25

Emmanuel Macron a reçu, hier, l'ensemble des ministres et des collaborateurs pour évoquer les dossiers brûlants de la rentrée, alors qu'il a vu sa cote de popularité chuter cet été.

Emmanuel Macron est déterminé à enrayer la spirale négative dans laquelle il se trouve depuis quelques semaines. Le chef de l’Etat a convoqué hier l’ensemble du gouvernement pour un séminaire de rentrée, dans le but de mobiliser ses troupes alors que sa cote de popularité a enregistré une forte chute. Selon un sondage Ifop pour le « Journal du dimanche », M. Macron est en effet tombé à 40 % d’opinions favorables, soit moins bien que ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.

« J’espère que vous êtes reposés, que les esprits se sont clarifiés, que le recul a été pris, que les forces ont été reconstituées pour attaquer cette rentrée dans des termes indispensables : ceux du volontarisme, de l’ambition et de l’exigence » a déclaré d’emblée le président de la République. Avant de mettre en garde son équipe gouvernementale : « Certains prédisent le pire. Il ne faut jamais céder aux Cassandre. Certains peut-être même le souhaitent. Mais si nous sommes là, c’est pour faire avec détermination » a-t-il également déclaré.

De son côté, le Premier ministre, Edouard Philippe, a affirmé lors d’une conférence de presse que « le pays a besoin de transformation et les Français le savent ». Aussi l’exécutif va-t-il « commencer à réparer le pays » et engager « une politique de transformation ambitieuse », selon lui, avec pour bases, « libérer et protéger », malgré les critiques de ceux « qui caricaturent sur les estrades ». Un tacle à peine voilé au leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a appelé à manifester contre le « coup d’Etat social » perpétré par le gouvernement.

« Baisser les impôts et le poids de la dépense publique »

Quoi qu’il en soit, les dossiers ne manquent pas. L’un des plus sensibles, celui sur la réforme du code du travail, va d’ailleurs s’ouvrir dans les prochains jours ; les cinq ordonnances qui doivent modifier la législation du travail seront présentées jeudi et examinées en conseil des ministres le 22 septembre, avant d’être signées par le chef de l’Etat. Avant la trêve estivale, c’est le sujet qui avait le plus braqué l’opposition, celle-ci accusant le gouvernement de fouler du pied le travail parlementaire et ayant recours aux ordonnances. D’après un sondage Odoxa révélé hier par RTL, 56 % des Français pensent que l’actuel code du travail est un frein à l’embauche mais 63 % d’entre eux jugent que l’exécutif ne se sortira pas correctement de cette réforme.

Les 27 et 28 septembre, c’est un autre dossier épineux que le gouvernement ouvrira : celui du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Epineux, car tous les ministères, à l’exception de l’Education nationale, devront réaliser des économies, chiffrées globalement à 20 milliards d’euros – partagées cependant entre l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité sociale. Avec, comme priorités, « baisser les impôts massivement, baisser le poids de la dépense publique, casser le cercle vicieux de la dette et financer les priorités des Français : la défense, la sécurité, la justice, l’école, l’enseignement supérieur, la transition écologique, la solidarité et le handicap » d’après le Premier ministre.

Baisse des APL

La lutte contre le terrorisme y aura également toute sa place. Une session extraordinaire du Parlement sera convoquée la semaine du 25 septembre, afin d’examiner la loi de lutte contre le terrorisme. Objectif : lever l’état d’urgence le 1er novembre, alors que celui-ci a été reconduit six fois depuis les attaques du 13 novembre 2015. Et, avant de lancer la réforme des retraites en 2018, de nouvelles concertations seront organisées avec les partenaires sociaux juste après, dès le mois d’octobre. Le gouvernement souhaite in fine réformer l’assurance chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage.

L’exécutif, enfin, sera longuement scruté par les étudiants, alors que l’annonce de la baisse de 5 euros des aides au logement (APL), cet été, avait été très mal reçue. Un « grand plan étudiant » dont le but est d' »améliorer nettement la réussite universitaire » et les « conditions de vie étudiante », avec des annonces en matière de santé, de logement et de pouvoir d’achat, sera présenté en septembre.

 

Crédits photo : Hartmann/AFP

 


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