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L’enquête « Laundromat » continue de couper des têtes au Conseil de l’Europe

mardi, 19 septembre, 2017 - 07:23

Menée par Le Monde et le Guardian, ainsi que d'autres publications européennes, l'enquête publiée début septembre avait braqué les projecteurs sur la manière dont l'Azerbaïdjan s'achète des soutiens en Europe.

L’enquête « Laundromat » (« lessiveuse ») menée notamment par Le Monde et le Guardian continue de faire des victimes. Samedi dernier, Alain Destexhe, un parlementaire libéral belge, a été contraint de démissionner de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), pour des faits de corruption. Il avait rédigé un rapport sur la situation des droits de l’Homme en Azerbaïdjan – que l’on sait, de manière objective, très critiquée – tout en étant apparemment encore lié à une association belge qui a touché des subventions de la part du régime azerbaïdjanais.

D’après le quotidien français, « M. Destexhe est une victime indirecte de l’enquête menée par Le Monde et dix autres publications européennes, dévoilée le 5 septembre. Outre le mari de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, deux anciennes figures de premier plan de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Italien Luca Volonte et l’Allemand Eduard Lintner, apparaissaient comme les destinataires de paiements, effectués entre 2012 et 2014, par quatre sociétés écrans domiciliées au Royaume-Uni et secrètement liées au régime azerbaïdjanais. »

 

Pour rappel, « Laundromat » a mis au jour ce qu’il convient d’appeler une « politique du caviar » selon Le Monde. D’après les enquêteurs, un journal danois, le « Berlingske », a pu avoir accès à des relevés bancaires de quatre sociétés domiciliées au Royaume-Uni et secrètement liées au régime de Bakou. Plus de 16 000 transactions ont ainsi été épluchées (pour un montant de 2,5 milliards d’euros) et font partie d’un système complexe et opaque servant à blanchir des fonds dont l’origine est floue (mais qui seraient détournés du budget de l’Etat).

Autre intérêt de ces virements : financer le train de vie des membres du régime azerbaïdjanais et, surtout, se faire des amis à l’étranger. Car l’Azerbaïdjan est mal perçu dans la plupart des pays occidentaux – un pays qui emprisonne les journalistes, voire les assassine, et bafoue certains droits fondamentaux élémentaires, dont ceux de la femme. C’est pourquoi, à coup de milliards, il tente depuis quelques années de s’acheter une conscience ; l’organisation du Grand Prix de Formule 1, à Bakou, n’a d’autre vocation que celle de vendre une image d’ouverture à l’étranger.

La méthode révélée par l’enquête « Laundromat » est simple : des transactions sont effectuées depuis certaines banques européenne à destination, au choix, de sociétés de luxe, de politiques proches du pouvoir ou de responsables d’institutions. D’après Gerald Knaus, directeur de l’European Stability Initiative, un think tank berlinois, le Conseil de l’Europe, par exemple, est totalement gangréné par l’argent azerbaïdjanais.

Parmi les bénéficiaires des 2,5 milliards d’euros distribués, se trouvent notamment l’Allemand Eduard Lintner et l’Italien Luca Volontè, deux anciens membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). « Le code de conduite de l’APCE est encore plus laxiste que celui de la FIFA […] Les Azerbaïdjanais commencent en général par de simples cadeaux […] puis passent à la vitesse supérieure, avec des bijoux en or, du matériel high-tech ou des prostituées envoyées dans les chambres d’hôtel lors des visites. »


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