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Zone euro : « Chacun fait mieux individuellement et cela va mieux collectivement »

jeudi, 21 septembre, 2017 - 07:00

D'après Catherine Mann, économiste en chef de l'OCDE, qui vient de revoir à la hausse ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2017 (+2,1 %), il reste beaucoup à faire pour améliorer le niveau de vie et des salaires, ainsi que diminuer le chômage, établi à 9,1 % en juillet dernier.

« La guérison de la zone euro donne tort aux Cassandre ». On pourrait croire que la phrase a été lâchée par un responsable politique européen, comme le président de la Commission européenne, celui de la Banque centrale européenne (BCE) ou encore l’un des membres de l’Union économique et monétaire (UEM). Elle aurait très bien pu naitre de la bouche d’un des chefs d’Etat ou de gouvernement d’un pays de la zone euro. Mais ce n’est ni Jean-Claude Juncker, ni Mario Draghi, pas plus qu’Emmanuel Macron ou Angela Merkel qui a prononcé ces mots.

L’enthousiasme vient d’outre-Manche, où le Financial Times, quotidien financier britannique pourtant souvent critique à l’égard de la monnaie commune, s’est semble-t-il réjoui des bons chiffres de la croissance à l’intérieur de la zone euro pour 2017. Hier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a en effet révisé à la hausse ses prévisions pour l’Union monétaire, qui devrait voir son PIB augmenter de 2,1 % – alors que l’institution internationale tablait en juin dernier sur +1,8 %.

De quoi susciter l’optimisme chez les Etats membres – même chez ceux qui n’ont pas l’euro, donc. La croissance de la zone euro se retrouve au même niveau que celle des Etats-Unis, très loin derrière celle de la Chine (6,8 %) mais au-dessus de celles du Japon et du Royaume-Uni (1,6 %). L’Allemagne (2,2 %), la France (1,7 %), l’Italie (1,4 %) ainsi que d’autres Etats membres devraient ainsi voir leur croissance gonfler plus vite que prévu.

Des chiffres à mettre en rapport avec ceux du chômage, dont le taux est tombé à 9,1 % en juillet – son plus bas historique depuis huit ans -, ce qui a permis d’accroitre la consommation des ménages, véritable moteur de la croissance européenne. Le contexte mondial a également pesé dans la balance. « Les taux demeurent bas, le commerce mondial se redresse, les politiques budgétaires sont moins – voire plus du tout – restrictives » d’après Le Monde.

« Tout cela est aussi la conséquence d’importantes réformes que les pays ont entreprises et dont toute la zone profite par un effet de voisinage » estime de son côté Catherine Mann, économiste en chef de l’OCDE. « Chacun fait mieux individuellement et cela va mieux collectivement » selon elle. L’institution prévoit d’ailleurs une augmentation du PIB de la zone euro de 1,9 % en 2018 – soit un réajustement par le haut des prévisions établies en 2016. « Mais ce ne sera sans doute pas suffisant pour assurer une croissance de la productivité, du niveau de vie, des salaires, faire baisser durablement le chômage et assumer le coût des retraites » alerte Mme Mann. Une manière de dire qu’il reste du pain sur la planche.


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