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L’Europe mal à l’aise avec ses ventes d’armes

lundi, 17 septembre, 2018 - 13:11

La guerre au Yémen, considérée comme "pire crise humanitaire de la planète", met en question le marché de l'armement pour plusieurs pays.

La guerre au Yémen pose des cas de conscience à plusieurs pays qui font commerce avec l’Arabie saoudite, qui est le principal pays intervenant dans un pays au bord du gouffre. En Espagne, après avoir remis en cause la livraison de 400 bombes à guidage laser à Ryad, le gouvernement a fini par obtempérer pour honorer un contrat de 9,2 millions d’euros, datant de 2015. Cette annulation aurait mis en danger la commande de cinq corvettes par l’Arabie saoudite pour un budget de 1,8 milliards d’euros.

En Suisse, le débat sur le commerce des armes s’amplifie aussi alors qu’une coalition récolte actuellement des signatures afin de lancer une initiative populaire sur les exportations d’armes. Ce mouvement existe aussi en Belgique où le Conseil d’Etat a suspendu huit licences d’exportation vers l’Arabie saoudite. A Berlin, Angela Merkel s’est engagée à durcir les conditions d’exportation.

Le chantage à l’emploi

En France, 88% des Français estiment que le pays doit cesser les exportations d’armes aux pays qui risquent de les utiliser contre les populations civiles. Plus spécifiquement, 75% pensent que la France doit suspendre ses ventes aux pays impliqués dans la guerre au Yémen.

Mais le pays est le troisième marchant d’armes au monde, derrière les Etats-Unis et la Russie. Entre 2008 et 2017, Ryad a été le deuxième plus gros client de la France, devant l’Egypte et derrière l’Inde. Entre 2011 et 2016, le pays a enregistré une hausse de 45% de ses ventes d’armes. Le secteur de l’armement emploie 160.000 personnes et les salariés de l’industrie de l’armement défendent leur emploi.


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