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Bruxelles dit non au budget italien

mercredi, 24 octobre, 2018 - 10:28

La Commission européenne espère toutefois un dialogue avec l'Italie, inquiète que ce conflit entraîne une crise financière sur les marchés financiers.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, Bruxelles a rejeté le budget de la coalition populiste, considérant que ce dernier n’est pas conforme aux règles. Le précédent gouvernement de centre gauche avait promis un déficit public de 0,8% du BIP en 2019, Rome prévoit désormais d’atteindre 2,4% l’an prochain, puis 2,1% en 2020 et 1,8% en 2021.

Pour échapper à une confrontation trop frontale qui pourrait inquiéter les marchés, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a demandé à l’Italie une révision dans un délai de trois semaines. Mais le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a prévenu que l’Italie ne reviendrait pas “en arrière”. “Nous n’avons pas de plan B” a ainsi affirmé le premier ministre Giuseppe Conte.

Menaces de sanctions financières

Le dérapage budgétaire “sans précédent” de l’Italie pourrait entraîner l’ouverture d’une “procédure pour déficit excessif”, susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant, en théorie, à 0,2% de son PIB (soit 3,4 milliards d’euros).

L’Italie fait face à une dette de 2300 milliards d’euros, ce qui représente 131% de son PIB. De plus, les prévisions de croissance du gouvernement italien sont jugées trop optimistes : 1,5% en 2019 contre 1% prévu par la plus part des observateurs.

Ce nouveau bras de fer survient alors que l’envolée des taux d’intérêt à long terme de l’Italie fragilise les banques du pays et le risque de contagion à la zone euro est élevé. Mais la Commission européenne doit agir avec précaution, de manière à ne pas à s’aliéner une partie de la population italienne, qui y verrait une ingérence dans les affaires internes du pays.


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