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Affaire Khashoggi : l’Europe divisée

jeudi, 25 octobre, 2018 - 14:25

En attendant les sanctions, chaque pays doit revoir ses relations avec l'Arabie saoudite qui est devenue, par exemple, le deuxième client de la France sur la période 2008 - 2017.

Trois semaines après la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, les principales puissances européennes réagissent en désordre et les Occidentaux, sceptiques, réclament une enquête “crédible et transparente”. Emmanuel Macron a mis un certain temps pour répondre, prêt à prendre des “sanctions internationales”, “en lien avec ses partenaires”. Le 20 octobre, l’Union européenne a jugé que les explications de l’Arabie saoudite étaient insuffisantes.

De son côté, la première ministre Theresa May, a “exhorté” l’Arabie saoudite à coopérer avec l’enquête turque. L’administration Trump, longtemps hésitante, a évoqué “une large gamme de sanctions” et Washington a révoqué les visas de 21 Saoudiens impliqués dans l’opération, mesure suivie par Londres.

L’Allemagne d’abord

Pour l’instant, seule l’Allemagne a pris les devants. Sans avertir Emmanuel Macron, la chancelière Angela Merkel a suspendu les ventes d’armes à l’Arabie, et a encouragé ses partenaires à faire de même. La Belgique, par la voie du ministre président wallon Willy Borsus, pourrait aussi envisager un gel de ventes d’armes vers Ryad. Le Danemark, qui avait annulé toute participation au symposium international sur l’investissement de Ryad, a convoqué l’ambassadeur du royaume saoudien à Copenhague.

Si le sujet des ventes d’armes focalise l’attention des Etats et de l’opinion publique, c’est que les budgets militaires européens sont loin d’être de même nature. En 2017, la France a livré pour 1,38 milliard d’euros d’armement à Ryad. A titre de comparaison, l’Allemagne a vendu seulement pour 1,2 milliard d’armement à l’Arabie saoudite sur une période de 4 ans, entre 2013 et 2017.


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