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Macky Sall, en visite à Bruxelles, défend le développement et la lutte anti-corruption

mardi, 18 juin, 2019 - 12:36

Alors que le président sénégalais, Macky Sall, représente en ce moment son pays lors d’un important forum sur le développement à Bruxelles, retour sur la politique de lutte contre la corruption engagée depuis son élection, en 2012. Un volontarisme rare sur le continent, salué comme il se doit dans le dernier rapport de l’ONG Transparency International.

« Construire le monde sans laissé-pour-compte » : c’est le thème de la 13e édition des Journées européennes du développement (JED) qui se tiennent à Bruxelles du 18 au 19 juin. L’évènement, organisé sous l’égide de la Commission européenne, est l’un des principaux rendez-vous des acteurs internationaux du développement, réunis pour échanger des bonnes pratiques, présenter leurs initiatives et nouer de nouveaux partenariats. Quelque 8 000 participants issus de 140 pays sont attendus au sein de la capitale européenne, afin de réfléchir aux solutions les plus « innovantes » et « inclusives » pour réduire les inégalités dans le monde – le thème choisi cette année pour ce véritable « Davos du développement ».

Le volontarisme anti-corruption du Sénégal salué par une ONG 

Le président du Sénégal, Macky Sall, est l’un des nombreux officiels à avoir répondu favorablement à l’invitation du chef de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker. Selon la presse sénégalaise, le chef de l’Etat devrait participer à la cérémonie d’ouverture des JED, avant de prononcer une allocution centrée sur les initiatives et programmes de son gouvernement en matière de justice sociale et d’équité territoriale. Après les éditions de 2012 et 2017, il s’agit de la troisième participation de Macky Sall à cette rencontre de haut niveau : une assiduité qui témoigne de ce que la lutte contre les inégalités et la corruption figure en tête des priorités du président africain.

Depuis son élection en 2012, Macky Sall a en effet fait du combat contre la corruption, un phénomène endémique dans la région, le symbole de son mandat. Conformément à sa promesse de campagne, l’Assemblée nationale sénégalaise adopte ainsi, dès le 19 décembre de la même année, le projet de loi portant création de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) : un nouvel organe indépendant, dont les « membres ne reçoivent d’instructions d’aucune autorité » et disposant d’un pouvoir d’auto-saisine et d’investigation. Doté d’importantes prérogatives, l’Ofnac peut notamment recueillir tout témoignage ou documents utiles, sans que les secrets bancaire ou professionnel ne puissent lui être opposés. L’Office a également produit en 2016 un rapport au vitriol menant à une profonde réorganisation des douanes sénégalaises.

Cette volonté politique aussi forte que rare sur le continent africain a été saluée par l’ONG Transparency International (TI), qui en janvier dernier a publié son nouvel Indice de perception de la corruption (IPC) pour l’Afrique subsaharienne. Relevant que « seuls 8 pays sur 49 obtiennent un score supérieur à 43 sur les 100 points que compte l’Indice », l’organisation classe le Sénégal dans les « pays qui progressent (…) en dépit de la piètre performance globale » de la région. Dakar figure ainsi « pour la deuxième année consécutive parmi les pays qui ont sensiblement amélioré leur classement dans l’IPC. Au cours des six dernières années, (…) le Sénégal (est passé) de 36 points (en 2012) à 45 points en 2018. Ces remontées peuvent être attribuées aux effets positifs des réformes institutionnelles, politiques et juridiques engagées (..) ainsi qu’à la volonté politique dont (a) fait preuve » Macky Sall, estime encore TI.

Impartialité au plus haut sommet de l’Etat

Dernier exemple en date de ce volontarisme politique, le président sénégalais a fait saisir le procureur général de la Cour d’appel de Dakar et ouvrir une enquête officielle impliquant son propre frère, Aliou Sall, soupçonné d’avoir occupé un poste grassement rémunéré dans une compagnie pétrolière en échange de l’attribution de champs gaziers. L’affaire, révélée au début du mois de juin par un reportage de BBC Afrique, n’est pas sans soulever des questions quant à son instrumentalisation par l’opposition sénégalaise. En dépit du caractère presque exclusivement à charge du reportage, Macky Sall, qui a dénoncé une tentative de « déstabilisation », a néanmoins demandé à son gouvernement de « poursuivre cette affaire », affirmant tenir « à ce que la vérité soit rétablie ». Le signe qu’au Sénégal du moins, règne une forme d’impartialité au plus haut sommet de l’Etat.

 


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