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Agroalimentaire : la France perd son leadership européen

dimanche, 7 juillet, 2019 - 12:25

Céréales, produits laitiers, bovins vivants, sucre, les grands postes d'exportation ont régressé face à une production étrangère qui progresse en qualité et volume.

Pour la première fois depuis la guerre, le solde des échanges agroalimentaires de la France avec le reste de l’Union européenne est devenu négatif, selon l’Inra. Avec 38,1 milliards d’euros d’exportation (21,7 milliards hors UE) en 2018, l’hexagone est parvenu à un plateau (+2% depuis 2011) alors que les importations en provenance des pays voisins ont progressé de 24% (38,4 milliards d’euros).

La balance est donc devenue déficitaire avec plus de produits alimentaires achetés que vendus. La raison principale réside dans les efforts agricoles des pays traditionnellement partenaires avec la France alors que leur population cesse de croître. L’Italie reste le premier marché pour les bovins français avec 900.000 animaux vivants par an pour 1,3 milliard d’euros, mais ce montant reste inchangé depuis quinze ans.

L’Allemagne a augmenté sa production de lait et de fromages, l’Espagne a amélioré ses vins et dépasse la France dans le secteur de la viande porcine, sans oublier ses exportations de fruits et de légumes. Tant qu’au Royaume-Uni, le Brexit devrait réduire ses importations en raison des taxes douanières.

La France pénalisée par ses produits haut de gamme

La qualité du terroir français devient paradoxalement un frein aux exportations. La viande bovine de haut niveau est désormais plus difficilement exportable que celle des vaches laitières allemandes, néerlandaises ou polonaises. La Pologne, en particulier, progresse énormément avec des fournisseurs moins chers.

La recherche de diversité doit être développée afin de trouver de nouveaux marchés. Car la France réalise la moitié (47%) de ses exportations alimentaires sur seulement cinq pays : la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne. Un autre sujet d’inquiétude pour les agriculteurs français, déjà très opposés au projet d’accord de libre-échange entre l’Europe et les pays du Marché commun du Sud (Mercosur).


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