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Le défilé du 14 juillet n’est pas une exception en Europe

mercredi, 10 juillet, 2019 - 08:59

Les armées qui marchent au pas, les blindés qui font trembler le sol, les avions de chasse dans le ciel ne sont pas une exclusivité française en Europe. On connaît bien le défilé des troupes russes sur la place Rouge, on connaît moins les défilés espagnols, italiens et même britanniques.

(Photo : le 2 juin en Italie)

Dimanche prochain, quelques 4300 militaires à pied, 270 cavaliers et 196 véhicules vont défiler, comme chaque année, sur les Champs Elysées tandis que plus de cent avions et hélicoptères vont faire lever la tête à des dizaines de milliers de badauds.

Rien que de très classique donc pour ce 229ème anniversaire de la fête de la Fédération de 1790 que célèbre la fête nationale française depuis 1880, même si l’on aurait pu imaginer une cérémonie particulière pour les 100 ans du grand défilé de la victoire de 1919.

Un défilé vraiment traditionnel…

A défaut d’être unique en Europe, ce défilé apparait exceptionnel à plus d’un titre. Tout d’abord, il est ancien puisqu’il se déroule chaque année le jour de la fête nationale depuis 1880 et ne s’est interrompu que durant les cinq étés de l’occupation allemande et de 1925 à 1929 où seule une simple revue des troupes a été organisée.

Il est par ailleurs imposant puisqu’il réunit 4 à 5.000 militaires en uniforme d’apparat et le meilleur de la technologie terrestre et aérienne de l’armée française. Rien à voir cependant avec le gigantesque défilé de la victoire du 14 juillet 1919 qui avait réuni plusieurs dizaines de milliers de militaires défilant entre la porte Maillot et la place de la République.

Notons que la “descente des Champs Elysées”, n’est apparue qu’au début des années 20, la parade se déroulant avant guerre à l’hippodrome de Longchamp et, par la suite, outre les Champs-Elysées, sur de multiples parcours, grands boulevards, place de la Bastille, des Invalides jusqu’à la place de la Concorde ou, plus récemment, en 1974, de la Bastille à la République.

Ce n’est que depuis 1981 que le défilé est définitivement fixé de la Place de l’Etoile à la place de la Concorde.

… mais moins imposant et moins ancien que d’autres

La revue du 14 juillet n’est pas le plus imposant des défilés en Europe car plus de 13.000 soldats et officiers russes défilent tous les 9 mai à Moscou pour fêter la victoire sur l’Allemagne nazie.

Et ce n’est même pas le plus ancien, puisque le “salut aux couleurs” britannique célèbre à Londres l’anniversaire du souverain depuis 1746 !

Royaume-Uni: Bon anniversaire, Madame !

Il est vrai qu’il n’y a pas, à proprement parler, de fête nationale au Royaume Uni. Il y a d’un côté la fête des Saints patrons, fête célébrée avec faste en Irlande pour la St Patrick et en Écosse pour la St Andrew. Mais l’Angleterre ne fait pas beaucoup recette avec la Saint George, le 23 avril.

En revanche, le jour anniversaire de la naissance du souverain est considéré comme l’équivalent de la fête nationale britannique, notamment par toutes ses représentations diplomatiques à l’étranger.

A noter que les Anglais n’ont pas la religion de la date: la reine Elizabeth est née le 21 avril, mais son anniversaire est officiellement fêté le premier, le second ou le troisième samedi du mois de juin. Une tradition qui remonte au début du XXe siècle suite à la décision du roi Edouard VII de ne plus endurer le froid et la pluie en fêtant son anniversaire le 9 novembre !

Pour cette cérémonie du “Trooping the Colour”, ni chars, ni véhicules modernes ne prennent part à la parade devant la souveraine: seuls 1400 militaires de l’infanterie et de la cavalerie défilent, ce qui en limite le coût pour le contribuable, même si la cérémonie s’achève par le passage de plusieurs appareils de l’armée de l’air.

Pas de militaires au pas cadencé outre-Rhin

Ailleurs, les fêtes nationales ne donnent pas forcément lieu à des défilés militaires. Ainsi, pas de défilés militaires en Scandinavie ni en Allemagne, où la fête nationale est, depuis près de 30 ans, fixée au 3 octobre, jour anniversaire de l’unité allemande rétablie le 3 octobre 1990.

Mais l’enthousiasme populaire autour de cette fête nationale est limité et elle est avant tout un jour férié comme un autre. Quelques manifestations officielles sont cependant organisées, dont la plus importante se déroule dans la capitale du Land qui préside le Bundesrat. On y célèbre un service religieux œcuménique. Mais ni rassemblement militaire, ni grande fête populaire.

L’Espagne a son 14 juillet…

Il n’en est pas de même au sud de l’Europe. Que ce soit en Italie, en Espagne ou au Portugal, l’armée défile.

En Espagne, la “Fête de l’Hispanité” qui est la fête nationale depuis 1958 se déroule tous les 12 octobre pour commémorer l’arrivée en Amérique de Christophe Colomb et la naissance de l’Empire espagnol.

C’est une fête assez contestée dans la mesure où elle a été instaurée par le régime franquiste et qu’elle célèbre à la fois l’armée et la colonisation espagnole de l’Amérique. Un imposant défilé militaire est organisé à Madrid et, avec 4600 militaires, 250 blindés et 73 aéronefs, il est de même ampleur que celui du 14 juillet en France.

… de même que l’Italie

Au Portugal, le 10 juin est le jour de la fête nationale depuis 1910 et l’on y célèbre à la fois l’anniversaire du grand poête du XVIème siècle Camões et celle des Communautés portugaises. Mais, pour des raisons d’économies, le défilé militaire est plutôt modeste depuis quelques années.

Ce n’est en revanche pas le cas en Italie. A l’occasion de la fête nationale du 2 juin, jour anniversaire du référendum ayant consacré la république en 1946, près de 4000 soldats défilent à Rome sur la via dei Fori Imperiali, depuis le Colisée. Et à cette occasion, comme à Paris, des avions de chasse strient le ciel romain des trois couleurs italiennes.

Bref, le 14 juillet français est loin de détenir l’exclusivité en Europe !


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