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Amazon, SFAM, Kapten… Barcelone, nouvelle place forte européenne du numérique

mercredi, 7 août, 2019 - 06:24

Dans un pays ayant connu des difficultés économiques, mais où l’optimisme revient peu à peu, la deuxième ville d’Espagne mise sur les nouvelles technologies pour renforcer son dynamisme. Un pari réussi, qui attire bon nombre d’entreprises étrangères, comme Amazon, Kapten ou encore la française SFAM, et qui permet désormais à Barcelone de consolider sa position de pôle technologique majeur en Europe. 

 

Un hub numérique au bord de la Méditerranée

 

La start-up de VTC parisienne Kapten (anciennement Chauffeur privé) a ainsi décidé de s’installer à Barcelone. Le 1er septembre 2019, elle y ouvrira un bureau dédié au développement de ses équipes Tech et y créera 40 postes (développeurs back-end, front-end, iOS et Android, product designers, ingénieurs QA, etc.) d’ici fin 2020. 

 

Cette nouvelle venue dans la capitale catalane est révélatrice d’une stratégie qui porte ses fruits : outre sa qualité de vie et une position stratégique (un aéroport et un port internationaux, une zone franche, des écoles de commerce mondialement connues) Barcelone fait tout pour se montrer attractive envers les entreprises innovantes, avec des structures de soutien telles que l’agence de développement Barcelona Activa, qui propose une panoplie d’aides à l’installation (incubateur, parc technologique, démarches administratives, recherche de bureaux, développement des relations locales…) Une politique volontariste qui a permis à Barcelone de se hisser dans le top 30 mondial des villes où lancer sa start-up. Elle occupe la 4e place de ce classement en Europe, tandis que Paris n’est que 16e.

 

Ce n’est donc pas un hasard si Kapten sera si bien entourée : depuis 2001, plus de 4 500 entreprises se sont installées à Barcelone — dont Amazon, Facebook, Casio, Ebay, Mediapro, Microsoft, Sanofi-Aventis, Yahoo R+D, Groupalia, Capgemini, ou encore Schneider Electric — avec à la clé la création de plus de 56 000 emplois. Une véritable réussite symbolisée par le déménagement en 2007 du Mobile World Congress de Cannes vers Barcelone. Avec 85 000 visiteurs, 850 opérateurs de téléphonie et 250 industriels, il s’agit de l’évènement annuel le plus important dans le monde de la téléphonie mobile.

 

SFAM séduite par Barcelone 

 

Cette idylle entre Barcelone et la téléphonie mobile s’est concrétisée cette année avec l’installation de la multinationale française SFAM, leader européen de l’assurance pour téléphones portables et objets connectés. Le géant originaire de l’Isère a choisi la tour Mapfre pour installer son premier siège hors de l’Hexagone. 

 

Présente depuis 2016 en Espagne, SFAM entend gagner 600 000 clients et croître de 300 % dans un pays où les smartphones représentent à eux seuls 92 % de part de marché. Un choix logique donc, comme l’explique Sadri Fegaier, fondateur et PDG de SFAM : « Barcelone est un marché stratégique dans le secteur technologique et un point de rencontre pour l’innovation et l’excellence professionnelle ».

 

Cette stratégie va s’appuyer sur l’embauche environ 400 employés en Espagne (téléconseillers, personnel administratif, commerciaux…) ; la plupart à Barcelone et pour une durée indéterminée. Par ailleurs, SFAM investira de 1 à 2 millions d’euros pour adapter ses installations.

 

D’une révolution industrielle à l’autre 

 

L’opération séduction barcelonaise est également composée d’un ambitieux plan de rénovation urbaine. Le District 22@Barcelone, également connu sous le nom de Districte de la innovació (district de l’innovation), a été créé en 2000. Ce projet de Renouvellement urbain est l’un des plus importants d’Europe et a été porté par la mairie, avec comme objectif de transformer les 198 hectares de l’ancien quartier industriel de Poblenou en un pôle concentrant logements, espaces verts, campus universitaires de recherche et de formation, activités culturelles et entreprises liées à la communication et aux nouvelles technologies.

 

Il s’agissait donc de créer un environnement unique mêlant tradition et innovation, en alliant nouvelles technologies et préservation du patrimoine architectural. Des promesses qui ont été tenues par le 22@, comme en témoigne par exemple l’usine de Can Ricart : cet ensemble industriel unique de style néoclassique n’a pas connu de modifications structurelles depuis sa construction achevée en 1854 et a été admirablement mis en valeur lors de sa réhabilitation. 

 

Entre passé et avenir, le District 22@ concentre déjà 39 % des bureaux de la ville et a attiré plus de 3500 entreprises spécialisées dans les technologies de l’information et de la communication, la biomédecine, le design, l’énergie et les médias. Ce projet a donc su, en moins de 20 ans, s’imposer comme un modèle de travail en réseau et d’échanges entre les entreprises, mais aussi de développement intégré et durable dont se sont inspirés Boston, Rio, Istanbul ou le Cap.

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