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Brexit : le “Super Saturday” de la déception

dimanche, 20 octobre, 2019 - 15:22

Ce nouveau report du vote sur l'accord du Brexit confirme l'idée que le Royaume-Uni peine à fonctionner avec un Parlement toujours sans majorité, même devant les enjeux les plus urgents.

La pression était à son comble ce samedi 19 octobre alors qu’un million de personnes manifestaient devant le Parlement où l’accord conclu entre Londres et Bruxelles devait être voté. Mais ce “Super Saturday”, attendu par les tabloïds et l’Europe s’est avéré aussi décevant que les péripéties précédentes. Contre toute attente, un amendement, déposé par le député conservateur Oliver Letwin, approuvé à 322 voix pour et 306 voix contre, a reporté ce vote qui devrait désormais être effectué en début de semaine prochaine.

C’est donc un nouveau revers pour le Premier ministre Boris Johnson, qui semblait, la veille, dans une position de win-win politique. Si l’accord était accepté, il aurait pu se vanter d’avoir sorti son pays de la crise. S’il était refusé, il avait la possibilité de provoquer de nouvelles élections afin d’obtenir une majorité à la Chambre des communes. Mais, à douze jours de la date prévue du Brexit, Boris Johnson a promis de refuser un nouveau report qu’il juge “inutile, coûteux, et profondément destructeur pour la confiance du public”.

Etrange correspondance

Pourtant, c’est bien ce qu’il a fait, quelques heures plus tard. Tenu de se conformer au Benn Act, une loi votée début septembre par une majorité de parlementaires anti-Brexit, qui stipule que si aucun accord n’était approuvé par le Parlement d’ici le 19 octobre, le Premier ministre s’est vu obligé de réclamer un nouveau report à Bruxelles.

Trois lettres ont été envoyées dans le soirée. La première, qui demande le report du Brexit, n’a pas été signée de sa main. La seconde, signée cette fois, rappelle qu’il ne voulait surtout pas de ce délai. la troisième, rédigée par l’ambassadeur britannique auprès de l’UE, Tim Barrow, souligne que la demande avait été envoyée uniquement dans le désir de se conformer à la loi.

Bref, le feuilleton devra tenir encore quelques jours pour connaître l’avis du Parlement. Ce qui ajoute frustration et colère au Royaume-Uni, un pays plus que jamais divisé sur le sujet, qui paralyse son fonctionnement. Pour preuve, Sky News a annoncé le lancement d’une chaîne certifiée 100% sans Brexit pour changer les idées d’un peuple fatigué et frustré.


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