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L’OMS dénonce la mauvaise santé des détenus européens

jeudi, 21 novembre, 2019 - 17:03

La mauvaise santé des détenus influence gravement le budget carcéral. En 2017, les pays européens ont injecté 20,2 milliards d'euros dans leurs prisons. Le coût quotidien d'un prisonnier est de 67 euros en moyenne, pour environ 1,5 million de détenus, dont 94% sont des hommes.

Le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe a évalué la population carcérale dans 39 des 53 pays de la zone et s’alarme sur l’accès aux soins dans les prisons. Ce rapport, le premier en son genre, considère que la mauvaise santé des prisonniers est un problème de santé publique qui provoque à terme l’augmentation des budget carcéraux.

La surpopulation dans les prisons est évidemment un vecteur de mauvaise santé. Une étude du Conseil de l’Europe avait déjà épinglé en avril dernier, huit pays, dont la France, qui affichent de “graves problèmes de surpopulation”.

Avec un taux de 116 détenus pour 100 places, la France enregistre le plus haut taux de suicides (12,6 pour 10.000 prisonniers). Seules la Roumanie (120) et la Macédoine du Nord (122) font pire. La moyenne européenne s’établit à 91 prisonniers pour 100 places. Sur le continent, 14% des décès pendant la détention sont liés à un suicide.

Un coût important pour la société

Certains pays n’ont pas assez de personnel dans les prisons. La France compte 49,9 soignants, dont 3,4 médecins, pour 1000 prisonniers. C’est mieux que la moyenne de la région pour les soignants (31,7 pour 1000), mais largement moins bien pour les médecins (10,3 pour 1000).

Chaque établissement pénitentiaire français propose des soins dentaires, mais aucun dentiste n’est rattaché aux prisions géorgiennes et il existe un seul dentiste pour l’ensemble de la population carcérale bosnienne.

Les pathologies non traitées au sein des prisons sont humainement non éthiques, mais elles présentent des risques de transmission à la sortie des personnes emprisonnées. “Comme les détenus continuent de souffrir de manière disproportionnée de pathologies non diagnostiquées et non traitées, cela va s’ajouter au fardeau des organismes de santé publique après leur sortie” résume l’organisme unisien.

L’OMS recommande d’établir un état des lieux de la santé des détenus car les outils existent pour dépister la tuberculose, les addictions et la santé mentale. Sur la base du volontariat, les associations peuvent aider à dépister les maladies sexuellement transmissibles, les hépatites et le VIH.


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