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Les transports publics européens placés en réanimation

mardi, 26 mai, 2020 - 09:52

Avec le déconfinement, les restrictions à la circulation se lèvent progressivement en Europe mais elles restent fortes au sud. Longtemps paralysées, les compagnies ferroviaires et aériennes accusent des pertes abyssales que les Etats s’efforcent d’éponger.

La pandémie qui frappe le monde et l’Europe a des conséquences désastreuses sur le secteur des transports. Même à ce stade de déconfinement, de nombreux pays de l’UE connaissent encore des restrictions à la circulation routière, ferroviaire ou aérienne.

Ce qui ne va pas sans de graves conséquences sur les entreprises du secteur des transports publics, les difficultés de l’industrie automobile tenant surtout à l’effondrement général de l’activité.

Moindres restrictions de circulation au niveau national

Le déconfinement progressif des populations intervenu un peu partout au mois de mai a effectivement permis à celles-ci de commencer à recirculer au-delà d’un périmètre réduit.

Mais il faut distinguer la circulation à l’intérieur des pays de ce qui relève des déplacements internationaux. Pour ce qui est des déplacements nationaux, trois pays continuent pour l’instant à les encadrer.

En France, et au moins jusqu’au 2 juin, on ne peut aller au-delà de 100 kilomètres de son domicile sauf à justifier de raisons familiales ou professionnelles impérieuses.

En Italie, jusqu’au 3 juin prochain, nul n’est censé quitter sa région d’origine si ce n’est là encore pour des raisons professionnelles, sanitaires ou familiales valables.

Il en va de même en Espagne, jusqu’au 22 juin, pour les déplacements interrégionaux. Reste que, dans ces trois pays, les motifs de dérogations sont essentiellement déclaratifs, rendant peu difficiles à contourner les restrictions de circulation…

Ailleurs en revanche, notamment en Allemagne ou au Royaume-Uni, il n’y a plus aucune restriction aux déplacements à l’intérieur des frontières.

Les déplacements à l’étranger restent encadrés

En ce qui concerne le passage des frontières, il n’y a pour l’instant pas de limitation à l’entrée au Royaume-Uni.

Cela dit, à compter du 8 juin, les arrivants dans l’île devront remplir un formulaire indiquant les détails du voyage et se soumettre à une quarantaine de 14 jours. Les Français espéraient en être exemptés, comme les Irlandais, mais ce ne sera, semble-t-il, pas le cas.

En Allemagne, les restrictions à l’entrée ont été levées le 18 mai pour les ressortissants des pays de l’Espace économique européen (EEE), le Royaume-Uni et la Suisse. Auparavant, il fallait une « raison importante » pour entrer.

En Italie, l’interdiction – sauf motif dérogatoire – sera levée le 3 juin pour les ressortissants de l’EEE « élargi » au Royaume-Uni et à la Suisse. Quant à l’Espagne, fermée jusqu’au 15 mai aux non-résidents, elle exige une quarantaine de 14 jours pour les séjours dépassant cette durée. Cette mesure sera en vigueur jusqu’au 1er juillet.

Enfin, la France demeure très restrictive jusqu’au 15 juin et ne permet l’entrée sur son territoire qu’aux ressortissants de l’EEE élargi qui résident en France où y transitent pour rejoindre leur pays de résidence.

Des dérogations sont cependant possibles en raison de gardes ou de visites d’enfants ou pour des motifs économiques impérieux.

Bref, le passage des frontières est moins encadré au nord qu’au sud de l’Europe, France inclue.

Les opérateurs ferroviaires et aériens sous perfusion

Les opérateurs ferroviaires accusent des pertes abyssales. Elles pourraient dépasser 13 milliards d’euros pour la Deutsche Bahn qui négocie avec l’Etat une aide de 7 à 8,5 milliards.

En France, SNCF table sur 3 milliards de pertes – mais à court terme – et son président en appelle à « un plan de relance ». C’est ce que juge également nécessaire Trenitalia qui prévoit 2 milliards de pertes pour 2020.

Quant aux compagnies aériennes, leur situation est encore plus dramatique. Air France-KLM, dont le trafic a chuté de 95%, va recevoir 7 milliards d’euros de prêts bancaires et de l’Etat en contrepartie d’engagements important en matière de réduction de ses émissions de CO2. Une enveloppe à laquelle viendra s’ajouter quelques 2,4 milliards d’aide de l’Etat néerlandais.

En Allemagne, Lufthansa attend la validation d’un plan de sauvetage de 9 milliards d’euros qui pourrait impliquer une nationalisation partielle de 25% de son capital.

En Italie, une renationalisation d’Alitalia est suggérée par le président des chemins de fer qui propose carrément une fusion entre le groupe ferroviaire et la compagnie aérienne.

Pas d’aide de l’Etat en revanche pour British Airways qui, à la veille de la crise, disposait de près de 10 milliards d’euros de liquidités. Mais la compagnie doit réduire drastiquement ses coûts et 12.000 licenciements (sur un effectif de 42.000) ont été annoncés.

On le voit, le Covid 19 n’a pas fini de rebattre les cartes pour l’industrie des transports.


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