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En 2020, le populisme européen perd en influence

mercredi, 28 octobre, 2020 - 13:29

Le populisme, qui se caractérise par la méfiance des couches populaires envers les élites, a subi un tassement surprenant au cours de l'année, sûrement face à la peur de l'épidémie de Covid-19 et grâce à un sentiment d'union nationale dans de nombreux pays. Mais la seconde vague pourrait relancer la dynamique des partis d'extrême droite avec une nouvelle détérioration de la situation économique et sociale.

Selon une étude de YouGov-Cambridge Globalism Project auprès de 26.000 personnes originaires de 25 pays, les idées populistes auraient régressé sur le continent, malgré l’influence des leaders d’extrême droite comme Marie Le Pen en France, Matteo Salvani en Italie, Viktor Orban en Hongrie et Jimmie Akesson en Suède. Cette étude, menée en juillet et août 2020, a cherché à comprendre l’évolution des perceptions politiques selon plusieurs items.

Ainsi, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie, en Pologne, en Espagne et en Suède, moins de personnes soutiennent l’idée que “le pouvoir de certains intérêts empêche leur pays de faire des progrès”. La baisse, par rapport à 2019, est substantielle dans certains pays : -11% au Danemark, -9% en Grande-Bretagne, -9% en Allemagne, -8% en France, -6% en Italie et -4% en Pologne.

De même, moins de personnes au Danemark (-20%) et en Allemagne (-15%) pensent que les médias cachent des informations importantes au public. L’idée que “les élites corrompues divisent le peuple” perd 11 points au Danemark, 9 points en Allemagne, 7 points en Italie et 5 points en France.

Cette réduction du mouvement populiste est sûrement influencée par l’irruption de la pandémie de Covid-19, avec des opinions publiques qui reflètent le besoin d’unité nationale contre le virus, une confiance accrue envers la science, les politiques et les experts. L’actualité du Covid est désormais si intense qu’elle met au deuxième plan les idées populistes.

Une accalmie temporaire?

Pourtant, ces idées populistes restent à un niveau très élevé dans certains pays. 55% des Français et 66% des Espagnols sont d’accord pour penser que “leur pays est écarté entre le peuple et les élites corrompues”, contre 34% en Suède et 18% au Danemark. En effet, la deuxième vague de l’épidémie favorise les théories de complot et les européens ne comprennent pas toujours les mesures prises par leurs gouvernements.

De plus, la crise économique a des répercutions sur les opinions liées à l’immigration. Dans presque tous les pays européens, les personnes testées pensent que l’immigration devrait être réduite “un peu” ou “beaucoup”. C’est le cas en Suède où 65% des répondants pensent que moins d’immigrants devraient être accueillis dans le futur, une progression de 7 points par rapport à 2019. En Italie aussi, 64% des personnes sondées soutiennent une réduction de l’immigration. En France, cette idée est soutenue par 51% de la population.

C’est en Grèce, fortement impactée par les flux migratoires, que le sentiment anti-immigration est le plus fort : presque 4 personnes sur 5 disent vouloir une immigration réduite, et 62% pensent qu’elle devrait être “beaucoup” réduite. En revanche, la Pologne est le seul pays où la peur de l’immigration a régressé : 32% contre 37% l’année précédente.


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