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Les femmes et les jeunes victimes collatérales du Covid

mercredi, 28 octobre, 2020 - 13:51

La population âgée a, de loin, payé à la pandémie le plus lourd tribut en termes de vies humaines. Mais la crise du Covid a un impact économique et social particulièrement négatif sur l’égalité hommes-femmes et l’insertion des jeunes tandis qu’il aggrave la pauvreté.

Dans toute l’Europe, l’arrivée de la deuxième vague de la pandémie de Covid 19 se confirme.

Sans parler de l’aggravation de la situation économique, les conséquences sociales de cette rechute pourraient être dramatiques car elles étaient déjà préoccupantes à l’issue de la première vague.

Les pertes de revenus observées dès cet été touchent en priorité certaines catégories de populations : les femmes, les jeunes et, bien sûr, les pauvres.

Pertes d’emplois plus marquées dans certains pays…

En termes d’emplois, il ressort d’un rapport publié fin septembre par l’Eurofound (résultat des 90.000 questionnaires envoyés au mois de juillet dans toute l’Europe) que 8% des employés de l’Union européenne ont perdu leur emploi depuis le début de la crise.

Le pays de loin le plus touché à cet égard est l’Espagne dont le taux de perte d’emplois est exactement le double de la moyenne. Quelques pays s’en tirent beaucoup mieux, à l’instar du Danemark dont les pertes d’emplois depuis le début de la pandémie ne dépassent pas 4%.

Quant à la France, malgré un très fort recours au système de chômage partiel, elle affiche des pertes d’emplois assez élevées (9%), bien supérieures à celles de l’Allemagne (5%) et même de l’Italie (7%).

… mais la baisse du niveau de vie est généralisée

Dès l’été, plus de la moitié des Européens estimaient impossible de conserver le même niveau de vie au-delà d’un délai de trois mois.

Aucun pays n’est épargné : car là où la situation est moins défavorable, en Allemagne, 44% des travailleurs ne pensent pas possible de maintenir leur niveau de vie. Un chiffre inquiétant pour la première économie d’Europe.

Mais c’est nettement mieux qu’en Europe orientale ou en Pologne où sept travailleurs sur dix craignent une chute de leur revenu ou qu’en France où ils ne sont pas loin des 60%.

Montée de la pauvreté

Le pessimisme des Allemands s’explique sans doute par la montée de la pauvreté qui, outre-Rhin, touche 13 millions de personnes. Les réformes du droit du travail du début du millénaire y ont beaucoup diminué la protection des travailleurs précaires et il n’est pas sûr que les aides prévues par le plan de soutien parviennent à limiter la casse.

Cela dit, la montée de la pauvreté concerne beaucoup de pays. En France, 8 millions de personnes ont recours aux banques alimentaires contre 5,5 millions avant le Covid. Au Royaume-Uni, ces recours ont augmenté de 60%.

Les femmes en première ligne

Les femmes sont plus touchées que les hommes par cette crise car elles occupent davantage de postes précaires. Leur qualité de vie s’est aussi nettement dégradée.

Selon l’enquête Eurofound, 36% d’entre elles se déclarent « trop fatiguées après le travail pour s’acquitter de tâches ménagères ». Les hommes ne sont que 28%. Et surtout, près de 30% des femmes – trois fois plus que les hommes – ont « du mal à se concentrer sur le travail à cause de leur famille ».

Et comment ne pas rappeler la hausse des violences envers les femmes que les confinements du printemps ont engendré ?

Le moral des jeunes en berne

Par ailleurs, la pandémie a des conséquences économiques et psychologiques sur la population jeune. Une sorte de paradoxe puisque, médicalement, les jeunes sont épargnés par les formes graves du Coronavirus.

Mais les 18-34 ans pâtissent de la crise de deux façons. D’une part, leur entrée sur le marché du travail est encore bien plus difficile qu’auparavant tandis que les petits boulots alimentaires – ceux qui font vivre les étudiants – se raréfient.

D’autre part, les jeunes ont pris un sacré coup au moral avec les mesures de couvre-feu et de restriction des contacts qui les empêchent de profiter de leurs loisirs habituels.

Il est symptomatique à cet égard que 37% des jeunes européens se déclarent « harassés après le travail » contre 27% des plus de 50 ans.


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