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L’Europe se positionne aussi face au vaccin de Pfizer et BioNTech

mercredi, 11 novembre, 2020 - 14:47

L'histoire de la recherche sur les vaccins est riche en annonces spectaculaires. Quand les bourses et les médias s'affolent, les enjeux économiques et politiques risquent de prendre le pas sur la rigueur scientifique. La découverte d'un premier candidat-vaccin contre le coronavirus s'avère toutefois prometteuse, et l'Europe ne veut pas être en reste.

L’annonce des résultats préliminaires du candidat-vaccin Covid-19 du géant Pfizer et de l’allemand BioNTech a été saluée à travers le monde, notamment sur les marchés boursiers. Alors que l’essai clinique phase III ayant enrôlé 43.000 personnes n’est toujours pas terminé et que les résultats ne sont donc pas publiés, le vaccin serait efficace à 90%, ce qui représente une couverture remarquable.

Le candidat-vaccin BNT162B2 appartient à la catégorie des vaccins dits à ARN messager, une catégorie de vaccin qui n’a encore jamais été approuvée pour un usage chez l’homme. Le design de l’essai est sur le modèle randomisé en double aveugle : la moitié des participant(e)s a reçu deux injections du BNT162b2, et l’autre moitié du placebo. Ni les médecins ni les participant(e)s ne savent lequel des deux produits leur a été injecté.

Course à l’homologation

Pfizer et BioNTech demanderont une autorisation d’urgence de leur vaccin dès la fin de novembre aux Etats-Unis. Le gouvernement américain a déjà signé un contrat de 1,95 milliards de dollars avec Pfizer pour la livraison de 100 millions de doses. Le Royaume-Uni a lui aussi précommandé plusieurs millions de doses. L’alliance pharmaceutique germano-américaine s’est engagée à fournir 50 millions de doses de vaccin dans le monde avant fin 2020 et jusqu’à 1,3 milliard l’année prochaine.

Suivant l’exemple américain, la Commission européenne ont annoncé aujourd’hui un accord pour la livraison de 200 millions de doses assorti d’une option pour 100 millions de doses supplémentaires. Au cas où une autorisation de mise sur le marché (AMM) devait survenir rapidement, la Commission européenne mettra au point un processus de distribution équitable parmi les Etats membres de l’UE. Pour des raisons aussi éthiques que commerciales, la distribution de ce vaccin pourrait être privilégiée auprès du personnel hospitalier. En ce qui concerne la population générale, des choix difficiles devront être faits.

Reste à s’assurer que le vaccin de Pfizer et BioNTech remplisse ses promesses. En effet, les experts médicaux rappellent que les résultats sont loin d’être compilés, publiés et analysés par la communauté scientifique. Une homologation trop rapide pourrait s’avérer fatale pour la médecine et la santé publique, et encourager les préjugés des anti-vaccins.

 


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