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Covid : L’Europe se protège du Royaume-Uni

lundi, 21 décembre, 2020 - 16:17

C'est un scénario catastrophe qui ferme une année 2020 qui en a déjà vu beaucoup d'autres. Mais l'isolement de Londres par ses partenaires européens survient à quelques jours du compte à rebours fixé par le Brexit, ce qui représente un "perfect storm" en termes économiques et politiques.

Une variante du virus, appelée VUI-202012/O1, apparue en septembre, s’est rapidement répandue à travers le Royaume-Uni, et plusieurs pays européens ont décidé, en urgence, de couper les liaisons en direction du pays. Ce sont surtout les régions de Londres, du sud-est et de l’est de l’Angleterre qui sont les plus touchées par cette mutation qui rend le virus plus transmissible (jusqu’à 70%). Pire, elle est en train de devenir la forme dominante de la maladie outre-Manche : à Londres, elle représentait 28% des cas à la mi-octobre et 62% la semaine du 7 décembre.

L’épidémie en Grande-Bretagne a pris un tournant qui inquiète les pays voisins, qui ont réagi en ordre dispersé. Dimanche 20 décembre, le nombre de nouvelles hospitalisations quotidiennes dans ces trois régions est passé de 400 à 700 en trois semaines. Les réunions de Noël y seront interdites et le confinement est désormais total là où le niveau 4 de restrictions est atteint. Selon le ministre de la santé, Matt Hancock, la nouvelle souche est “hors de contrôle”.

Le Royaume-Uni mis à l’isolement

La réponse a été quasi-immédiate. Plusieurs pays européens ont annoncé la suspension des déplacements en provenance du territoire britannique, dont les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Irlande et la France. Les liaisons maritimes, ferroviaires et aériennes sont suspendues. Quelques heures plus tard, c’est une grande partie de l’Europe qui coupe les ponts avec Londres. Cette mise à l’écart étant encouragée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a appelé ses membres à “renforcer leurs contrôles”, d’autres pays ont pris des dispositions similaires, comme le Koweït, l’Iran, la Suisse, le Salvador et Israël, mais aussi le Canada et certains pays d’Amérique du Sud.

Ce développement de la pandémie accentue l’incertitude liée au Brexit et un nouveau terme apparaît aujourd’hui dans les médias : le “Corona-Brexit”. La perturbation du trafic aérien et ferroviaire agrave déjà les problèmes liés au Brexit aux frontières et attise la colère populaire anglaise envers les autorités. Boris Johnson, qui aurait trop tardé à renforcer les mesures sanitaires, est qualifié par le Daily Mirror d'”homme malade de l’Europe”.

 


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