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Brexit : quelles conséquences pour les entreprises françaises ?

mardi, 5 janvier, 2021 - 09:24

Le 1er janvier 2021 marquait le début d’une nouvelle année, mais également la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. En suivant le modèle de grandes sociétés implantées aux Pays-Bas, à l’instar de Total, Renault, Airbus et bientôt SFAM, de nombreuses entreprises françaises envisagent de se relocaliser et bénéficieraient ainsi de nouvelles opportunités commerciales attractives. 

Coup dur pour le commerce franco-britannique

Le Royaume-Uni représente un partenaire commercial de taille pour la France, en attestent les échanges de 120 000 entreprises françaises avec ce territoire d’outre-Manche en 2019.  Selon le Trésor, en 2019, la France a réalisé 33,6 milliards d’euros d’exportations vers le Royaume-Uni et 21,1 milliards d’euros d’importations. Ainsi, l’île représentait le 6ème client de l’Hexagone et son 7ème fournisseur. 

Pour autant, la récente sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pourrait bien modifier les règles du jeu. Révision des formalités douanières, incertitudes sur l’avenir des relations commerciales franco-britanniques, possible baisse des exportations françaises (notamment automobiles et cosmétiques), conditions de ventes moins favorables… l’épée de Damoclès semble planer sur bon nombre d’entreprises françaises, à l’image de Toupret, une PME de peinture située en région parisienne. Les exportations au Royaume-Uni représentent 10% du chiffre d’affaires de cette société et la perte du marché britannique serait catastrophique. D’autant plus que les coûts liés aux procédures d’exports sont plus onéreux

Si la pêche est un sujet sensible, de nombreux secteurs seront également directement impactés par le Brexit : celui des transports sera principalement touché, suivi des secteurs de la chimie, des équipements électriques et de l’alimentaire. Fin octobre dernier, l’assureur Euler Hermes précisait que la France sera le troisième pays européen le plus affecté par le Brexit sur le plan économique, après l’Allemagne et les Pays-Bas. Pas de doute, les entreprises tricolores devront trouver une solution de repli, et cette dernière pourrait bien s’appeler “Pays-Bas”. 

Divorce Royaume-Uni et Union européenne : une aubaine pour les Pays-Bas

Le pays des tulipes serait-il le nouvel Eldorado des entreprises françaises ? Peut-être. En tout état de cause, il compte aujourd’hui 1 400 PME et grands groupes français, à l’instar de Renault, Total ou encore Airbus. “Ce n’est peut-être pas le premier pays auquel pensent les Français, mais une fois qu’ils y ont goûté, ils se rendent compte que c’est un pays très intéressant, orienté vers l’international où on ne favorise pas les produits néerlandais par exemple”, explique Sylvie Craenen, directrice de la Chambre de commerce France Pays-Bas. 

Outre leur position géographique stratégique – premier port d’Europe à Rotterdam, aéroport de Schiphol, réseau ferroviaire d’exception avec de nombreuses connexions… -, les Pays-Bas offrent un régime fiscal favorable aux investisseurs, une qualité de vie exemplaire et une main d’œuvre hautement qualifiée et polyglotte. 

Depuis de nombreuses années, les Pays-Bas attirent de multiples entreprises étrangères et notamment françaises. C’est le cas de SFAM : après avoir conquis les marchés français, espagnol, belge et suisse, le groupe spécialisé dans l’assurance de produits multimédias commercialisera bientôt ses offres sur le marché néerlandais. “Nos activités connaissent une expansion significative en France et à l’international. Le groupe a pour ambition de devenir un acteur européen de premier plan en matière de conception de services dans l’univers de la téléphonie, du multimédia et du web”, déclarait Sadri Fegaier, PDG de SFAM Group. 

L’entreprise Oxand, leader européen de la maintenance prédictive et l’optimisation durable de la performance des actifs immobiliers et des infrastructures, s’est elle aussi laissée tenter par le marché néerlandais. Si le siège d’Oxand se situe à Fontainebleau (France), l’entreprise possède également des filiales à l’étranger, notamment en Suisse et aux Pays-Bas. Régime fiscal attractif, taux d’impôt sur les sociétés inférieur à celui de la France (25% contre 32% en 2019), logistique de pointe… pas étonnant que les Pays-Bas soient de plus en plus attractifs. 


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