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La récession économique frappe inégalement les pays européens

mercredi, 10 février, 2021 - 14:05

Les premiers données économiques concernant l’année 2020 confirment l’ampleur d’une récession qui frappe cependant certains pays plus que d’autres. A l’image de la pandémie qui n’a pas touché les régions en même temps ni avec la même intensité.

Pour l’économie mondiale en général et l’économie européenne en particulier, 2020 restera l’« annus horribilis ». Les restrictions de circulation, de réunion ou d’activité appliquées pour contrer les conséquences sanitaires de l’épidémie de Covid 19 ont fait plonger consommation et investissement tandis qu’elles dévastaient plusieurs secteurs d’activité.

Aucun pays de l’UE n’échappe à la récession mais certains sont plus touchés.

Moins 8% en France, moins 5% en Allemagne…

A première vue, on serait tenté de constater une fracture nord-sud, des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal ayant été particulièrement frappés par l’effondrement du tourisme.

La France (-8,3%) et l’Italie (-8,9%) ont effectivement subi un important recul de leur produit intérieur brut (PIB), beaucoup plus important que les baisses enregistrées en Suède (-6,7%) et surtout en Allemagne (-5,2%).

Mais, entre ces pays, il semble que la ligne de fracture passe moins par le tourisme que par la sévérité des mesures de confinements ou de restrictions prises au printemps 2020.

Quant à l’Espagne, elle subit une dépression encore plus marquée que ses sœurs latines avec une récession de 11%, de même ordre que la récession enregistrée, bien plus au nord, par le Royaume-Uni.

Espagne et Royaume-Uni sévèrement impactés

Ces deux dernières économies se ressemblent pourtant assez peu, mais des causes différentes peuvent produire les mêmes effets.

L’Espagne a mis en œuvre des mesures de relance plus limitées que ses voisins et la très violente crise sanitaire du printemps est venue s’abattre de plein fouet sur une population déjà précarisée dépendante d’emplois saisonniers ou informels qui sont les premiers sacrifiés.

Quant au Royaume-Uni, déjà perturbé par les effets du Brexit, il a vu se conjuguer les conséquences sanitaires d’un confinement un peu tardif au printemps avec celles d’une forte chute de l’activité commerciale en fin d’année suite à la propagation du « variant britannique ».

Choc de printemps versus dépression d’automne

L’articulation des politiques menées en France paraît, au final, assez pertinente en regard de l’évolution de la pandémie. Destiné à conjurer une saturation imminente des hôpitaux, le confinement rigoureux du printemps a durement touché l’économie française qui a vu l’activité commerciale s’effondrer de 35% en mars-avril.

Mais le deuxième confinement, intervenu dès novembre en France, a permis un rebond assez spectaculaire de la consommation au mois de décembre.

En Allemagne, c’est l’inverse : un recul commercial limité à 8% au printemps mais un effondrement de la consommation en décembre avec la fermeture des commerces non essentiels.

Des effets contrastés sur l’emploi

Les mesures de chômage partiel et les aides allouées aux secteurs en difficulté, ont permis à la France de limiter l’impact de la crise sur le niveau du chômage.

Fin 2020, le nombre de demandeurs d’emplois dans l’Hexagone n’avait en effet augmenté que de 185.000 par rapport à la fin 2019 dont, il faut le noter, 60% de jeunes.

En Allemagne, les jeunes ont été plutôt épargnés mais le nombre de total de chômeurs a fait un bond de 560.000, à partir il est vrai d’un niveau réduit.

Un bond qui peut s’expliquer par un moindre recours au chômage partiel qu’en France.

Cela dit, dans l’Hexagone, la hausse limitée du chômage traduit également une baisse un peu artificielle des personnes en recherche active d’emploi au printemps et cet été.

Un phénomène qui se retrouve en Italie où le chômage a même diminué en 2020 de 200.000 personnes tandis que le nombre d’inactifs s’accroissait de 2,3% !

Dette publique : l’Allemagne limite la casse

Partout, la dette publique a augmenté lorsqu’il a fallu financer le coût des politiques de relance.

Ainsi, les dettes publiques française, italienne, espagnole et britannique se sont accrues de 14 à 17 points de PIB, la France passant d’une dette équivalant à 100% du produit national annuel à près de 117%.

La dette publique allemande n’a en revanche augmenté que de 9 points de PIB (à 70% du PIB) malgré le caractère massif des mesures de relance outre-Rhin.

Mais comme le PIB a moins baissé qu’en France, le rapport dette/PIB s’est moins dégradé en Allemagne.

Et puis, contrairement à nous, nos voisins germaniques ont commencé l’année avec un excédent des comptes publics, excédent qui a pu être utilisé pour soutenir l’économie.


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