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Le retard des vaccins pourrait coûter cher à l’Europe

mercredi, 17 février, 2021 - 10:31

En voulant bien faire, l'Europe a voulu coordonner et négocier l'achat des vaccins, mais les retards de production fragilisent cette stratégie commune, qui ne pourra pas cacher la rapidité avec laquelle certains pays assurent les campagnes, contrairement à d'autres.

Depuis une semaine, la Commission européenne a fait face à de nombreuses critiques concernant les retards de livraison de vaccins. Ursula von der Leyen a du s’expliquer sur les négociations avec l’industrie pharmaceutique. La Commission table désormais sur quelque 100 millions de doses au premier trimestre, moitié moins que prévu dans les contrats. La montée en puissance n’aura lieu que dans les prochains mois avec 300 millions de doses au deuxième trimestre – et 80 millions de plus si le vaccin de Johnson&Johnson est approuvé. Au total, l’Europe promet 2,3 milliards de doses grâce aux contrats signés avec six groupes pharmaceutiques.

La Commission garde toujours son objectif de vacciner 70% de la population d’ici cet été. Mais il faudrait multiplier par six le rythme des vaccinations et les pays européens affichent déjà cinq semaines de retard sur le calendrier initial. Les données issues du site Covid-Tracker sont formelles : pour 100 habitants, 62 ont déjà reçu une dose en Israël au 5 février, 40 aux Emirats Arabes Unis, 17 au Royaume-Uni, 11 aux Etat Unis – mais 4 en Allemagne et tout juste 3 en France.

Des retards qui auront un prix élevé

L’Union européenne a bien fait de négocier les prix des vaccins avec l’industrie pharmaceutique, mais les retards de vaccination coûteront sûrement plus cher à l’Europe. Déjà, les opinions publiques protestent contre ces délais et les mesures de confinement qui fragilisent, en partie, la confiance des populations face aux campagnes vaccinales. Chaque semaine de confinement, même partiel, fait perdre entre 100 millions et 3 milliards selon les pays. Chaque semaine supplémentaire de restrictions sanitaire plombe 0,4 de point de croissance en moins sur le premier trimestre. Pour l’année 2021, le prix de ces retards pourrait s’élever à près de 90 milliards d’euros.

Alors que cette année s’annonce cruelle en termes d’emploi, la France et l’Espagne risquent de souffrir fortement de la contraction de l’activité. Alors que d’autres pays pourraient sortir de la crise économique plus rapidement, dès le second trimestre, comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, ce qui pourrait accentuer les mouvements de protestation contre les mesures restrictives et la détresse sociale dans les pays plus fragiles.


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