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Covid : le moral des Européens au plus bas

mardi, 23 février, 2021 - 09:47

Le sentiment de fatigue est général dans plusieurs pays européens, mais la France se distingue par une insatisfaction record envers la politique et ce sentiment de frustration pourrait avoir un effet sur les prochaines élections.

La pandémie marque son premier anniversaire et tous les gouvernements du continent sont mobilisés. Dans son nouveau “Baromètre de la confiance politique”, le Centre d’étude de la vie politique (Cevipof) de Sciences Po et l’institut OpinionWay ont réactualisé leur enquête auprès des habitants de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Italie. Il en résulte que les Européens se montrent de plus en plus critiques à l’égard de leurs dirigeants. Les inquiétudes sur la situation économique et et la fatigue progressent. Et la France est la plus touchée par cette méfiance.

La lassitude est ainsi le sentiment le plus partagé avec 41% des personnes interrogées, en progression de 31% en un an. Viennent ensuite la morosité (34% des cas) et la méfiance (28%). En France, cette méfiance s’adresse plus particulièrement face aux vaccins : un tiers des personnes interrogées n’ont pas envie de se faire vacciner, 19% des Français n’ont toujours pas décidé. Alors qu’en Allemagne, 66% des personnes veulent se faire vacciner, un chiffre qui grimpe à 76% en Italie et à 80% au Royaume-Uni.

Une épidémie qui affecte la classe politique 

L’action des gouvernements face à la crise sanitaire est diversement perçue : si 58% des Français la désapprouvent, 56% des Allemands la trouvent correcte, comme 48% au Royaume-Uni et 52% en Italie. Conséquence : 77% des Français ont une vision négative de la politique, qui peut aller du dégoût (23% des cas) à l’ennui (12% des cas).

Les Français se trouvent donc face à une défiance de la politique, qui pourrait avoir des conséquences lors des prochaines élections. Les retards de production de masques en début d’épidémie, les hésitations sur les tests, le traçage et la vaccination ont laissé des traces. En revanche, leur adhésion reste solide face aux institutions publiques, les hôpitaux, l’école, la police ou l’armée.

La crise sanitaire a exacerbé les insatisfactions démocratiques et le fonctionnement de la méritocratie française. 57% pensent qu’il faut avoir des relations pour réussir dans la vie. Alors que la promesse d’émancipation était pourtant au coeur du projet initial d’Emmanuel Macron. 80% pensent que les politiques ne se préoccupent pas du tout, ou peu, de leur avis.


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