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La popularité des dirigeants européens après un an de Covid

mercredi, 17 mars, 2021 - 10:31

En Allemagne, deux scrutins régionaux marquent un recul de la CDU et un effritement de la popularité d’Angela Merkel. Mais sa cote reste élevée comme celle des dirigeants italiens. En revanche, Emmanuel Macron et Pedro Sanchez sont désapprouvés par une majorité de citoyens.

Le week-end dernier, la CDU d’Angela Merkel a essuyé deux revers politiques à l’occasion de deux élections régionales.

La défaite de la CDU en Rhénanie-Palatinat face aux Verts et dans le Bade-Wurtemberg face aux socio-démocrates complique en effet la succession de la Chancelière dont la propre popularité s’érodait déjà sous le coup des ratés de la campagne de vaccination anti-Covid.

Son dauphin pressenti, le nouveau président de la CDU Armin Laschet, sort affaibli de ce scrutin alors qu’il est en concurrence frontale avec le très populaire ministre-président de Bavière Markus Söder.

La CDU et Merkel affaiblis

Si une affaire de corruption touchant des députés de la CDU peut expliquer le recul de trois à quatre points du parti aux régionales, elle s’ajoute au mécontentement de l’opinion concernant les lenteurs de la campagne de vaccination. Et la reprise des contaminations outre-Rhin, ne risque pas d’améliorer la situation.

Dans les enquêtes d’opinion, la CDU reflue fortement depuis 9 mois puisque son action n’est plus approuvée que par 32% des sondés contre 39% en juin dernier. Même le taux d’approbation d’Angela Merkel s’érode : en moyenne, il est revenu de 58 à 54% en moins d’un an.

Les dirigeants italiens gardent la cote

Un pays qui n’a pas la réputation de soutenir longtemps ses dirigeants, l’Italie, continue pourtant de le faire, après l’année terrible qu’elle a vécu avec le Covid.

L’ancien président du Conseil Giuseppe Conte avait vu sa cote exploser au printemps 2020 pour atteindre 60% d’approbation. Une cote qui était encore de 53% lors de sa démission, fin janvier dernier.

Quant à son successeur Mario Draghi (notre photo), qui dirige un cabinet d’union nationale, son action est actuellement approuvée par 56% des Italiens.

Notons que ce soutien aux gouvernants s’est maintenu malgré des mesures de restrictions très dures et alors que les trois quarts de la Péninsule se retrouvent à nouveau confinés du fait de la rapide recrudescence des contaminations.

Macron assez bas, mais stable

Curieusement, malgré les nombreuses polémiques intervenues sur la gestion de la pandémie par le gouvernement, la popularité du président Emmanuel Macron reste assez stable depuis un an mais à un niveau médiocre se situant autour de 40% tandis que 57% des citoyens désapprouvent son action.

L’opinion de ceux qui critiquent les mesures de restriction semble s’équilibrer avec celle des citoyens qui jugent irresponsable le laxisme du gouvernement. Mais, au total, le nombre de mécontents ne s’accroit pas.

Pedro Sanchez ne profite pas de l’embellie sur le front du Covid

En Espagne, le président du gouvernement Pedro Sanchez était sorti ragaillardi de la première vague de Covid puisqu’en juillet dernier, opinions favorables et défavorables s’équilibraient autour de 47%.

Depuis, sa cote ne cesse de décliner et il n’est plus à présent approuvé que par 33% des Espagnol contre près de 60% qui désapprouvent son action.

Encore un paradoxe puisque l’Espagne a desserré largement depuis le début de l’hiver les restrictions à la circulation, aux loisirs ou à la culture. Malgré cela, c’est l’un des rares pays d’Europe où le nombre de nouvelles contaminations a chuté sans que la moindre remontée ne s’amorce pour l’instant !

Les montagnes russes pour « BoJo »

Outre-Manche, la cote de Boris Johnson est très volatile. Les dures mesures de confinement édictées par le premier ministre au printemps 2020 ajoutées à l’émotion suscitée par sa propre contamination au Covid avait fait bondir sa popularité à 66% en avril.

Trois mois après, les Britanniques n’étaient plus que 43% à le soutenir et même seulement 37% en novembre dernier.

Mais, sans doute parce que les contaminations ont chuté dans le pays, qu’elles ne remontent pas et que, surtout, la campagne de vaccination y est menée tambour battant, « BoJo » reprend des couleurs dans l’opinion, à 44% d’approbation.

En fait, c’est au Royaume-Uni que la cote des dirigeants semble le plus corrélée avec l’évolution de la pandémie…


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