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Les pays européens adoptent de moins en moins d’enfants

mercredi, 24 mars, 2021 - 13:38

La chute des adoptions faites à l’étranger s’ajoute au recul constant des adoptions réalisées dans un cadre national. Le nombre d’enfants « adoptables » diminue tandis que les demandes d’adoption se font plus rares, notamment du fait des nouvelles techniques de procréation assistée.

Alors que les Pays-Bas viennent de suspendre le recours aux adoptions internationales, celles-ci sont en constante diminution en Europe tout comme les adoptions nationales.

Après la période de l’après-guerre où les adoptions dans le cadre national étaient nombreuses en Europe, l’adoption s’était tournée vers l’international en ciblant les enfants vivant notamment dans les pays anciennement colonisés et, par la suite, dans les Etats de l’ancien bloc soviétique.

Mais depuis quelques années, cette adoption internationale est elle-même en déclin.

Moins d’abandons, plus de revenus et de contrôles…

Comme jadis dans les pays développés, l’accroissement des revenus, le développement des politiques sociales, la diminution des abandons d’enfants dans les pays d’origine fait baisser le nombre d’enfants adoptables par des étrangers.

De plus, un nombre croissant de pays ratifient la Convention de La Haye de 1993 sur l’adoption, rendant celle-ci plus contrôlée et mieux encadrée.

… et quelques scandales retentissants…

Il y a eu aussi l’éclatement de quelques scandales très médiatisés. A commencer par celui de l’Arche de Zoé en 2007 qui a vu l’adoption de 103 petits tchadiens requalifiée « d’enlèvement de mineurs ».

De fait, de prétendus orphelins avaient en fait leurs parents. Certains ont évoqué un « néocolonialisme compassionnel ».

… expliquent le durcissement des conditions d’adoption

Ce type d’affaires a rendu beaucoup de pays plus sourcilleux quant aux conditions d’adoption.

Depuis, une forte majorité des enfants adoptables à l’étranger sont « à besoin spécifiques ». Autrement dit, ils souffrent d’un handicap ou font partie d’une fratrie indissociable, ce qui est susceptible de décourager bon nombre d’adoptants.

Bref, l’offre d’adoption est en baisse et la demande diminue d’autant plus que se sont perfectionnées ces dernières années les techniques de fécondation artificielle.

Enfin, les nouveaux « demandeurs » que sont les couples homosexuels se heurtent souvent à des interdits émanant de pays à la morale conservatrice, comme la Russie ou la Chine.

Des chiffres différents en Europe

La France a vu le nombre de ses adoptions internationales passer de 3500 en 2010 à seulement 420 en 2019. Comme en Espagne, le nombre des adoptions nationales y redevient plus élevé tout en restant limité, autour de 700 dans les deux pays.

L’Italie, longtemps leader de l’adoption en Europe, maintien un flux d’adoptions internationales plus important (1200 en 2019), contrairement à l’Allemagne (360) et surtout au Royaume-Uni où les enfants adoptés à l’étranger ne sont que quelques dizaines.

Cela dit, dans ces deux pays, l’adoption nationale domine : un millier en 2019 outre-Rhin, jusqu’à 3.500 outre-Manche.

France-Angleterre : le grand écart

C’est cinq fois plus qu’en France où le nombre d’enfants nationaux « adoptables » est faible car il se limite essentiellement aux « pupilles de l’Etat » qui sont des enfants sans famille ou abandonnés.

Leur nombre est réduit (2800 en 2019) et la procédure d’adoption est restrictive puisqu’elle se fait pour l’essentiel au niveau départemental.

Outre-Manche, les sujets adoptables sont plus nombreux parce qu’ils englobent les victimes de maltraitance. De plus, à la différence de ce qui se passe en France, seule l’adoption d’un enfant vivant au Royaume-Uni ouvre droit dans ce pays à des soutiens sociaux ou éducatifs. Ce n’est pas le cas pour l’adoption à l’étranger qui, de surcroit, implique une procédure beaucoup plus couteuse.

Enfin, les délais d’adoption diffèrent : jusqu’à 5 ans en France, moins de 2 ans en Angleterre.

Des conditions plus exigeantes dans l’Hexagone

Les conditions requises pour adopter sont comparables en termes d’âge du consentement de l’enfant, de 12 à 14 ans.

En revanche, l’âge minimal requis pour les parents candidats à l’adoption est de 28 ans en France (sauf en cas de mariage de plus de deux ans) mais seulement de 21 en Allemagne et de 18 ans en Italie.

Un facteur restrictif qui s’ajoute aux autres et peut expliquer que la France est, par rapport à ses quatre grands voisins européens, le pays où le nombre annuel d’adoptions est le plus faible.


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