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L’Europe reste divisée sur la non-discrimination des homosexuels

mercredi, 31 mars, 2021 - 12:16

Alors que les droits des personnes LGBT sont pleinement reconnus dans 13 pays de l’UE, des discriminations demeurent dans 14 autres qui, notamment, ne reconnaissent pas le mariage gay. Un pays comme la Pologne est particulièrement stigmatisant à l’égard des homosexuels.

Voilà exactement 20 ans que les Pays-Bas ont autorisé le mariage entre couples homosexuels en leur offrant la possibilité d’adopter conjointement un enfant.

Depuis, de nombreux pays de l’Union européenne ont suivi ce mouvement tandis que les mesures de lutte contre les discriminations à l’égard de la communauté LGBT (Lesbiennes-Gays-Bisexuels-Transgenres) se sont multipliées.

Mais, dans ce domaine, il subsiste d’assez grandes différences en Europe.

Le mariage pour tous dans treize pays de l’UE

Ainsi, le mariage entre personnes du même sexe n’est pas encore tout à fait majoritaire en Europe puisque, sur 27 pays-membres de l’Union européenne, 13 d’entre eux l’ont légalisé.

Certains, dans la foulée des Pays-Bas, l’ont fait avant 2010 comme la Belgique, l’Espagne ou la Suède ; d’autres entre 2010 et 2015 comme le Danemark, la France, l’Angleterre, d’autres plus récemment encore comme l’Allemagne ou l’Irlande (notre photo).

Par ailleurs, huit pays qui n’autorisent pas le mariage gay ont cependant mis en place des unions civiles aux effets assez proches du mariage, comme l’Italie, la Grèce, la Hongrie ou la République tchèque.

Enfin, aucune disposition juridique n’existe pour les couples homosexuels dans six pays d’Europe orientale, Pologne et Roumanie en tête.

Les « gays » se marient plus en Allemagne

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas dans les pays où il a été autorisé le plus tôt que le mariage gay est le plus répandu.

Ainsi, aux Pays-Bas, où environ 15.000 mariages entre personnes du même sexe ont été célébrés depuis 20 ans, ce type de mariage ne représente que 2% du total des mariages. Et ce taux est à peine supérieur en Belgique et en Suède.

En France, les 50.000 mariages gays intervenus depuis 2014 représentent 3,2% du total mais ce taux a tendance à diminuer lentement au fil des ans.

Finalement, alors qu’il n’a été introduit que fin 2017, c’est en Allemagne que le mariage entre homosexuels rencontre le plus de succès avec un taux supérieur à 4%.

De fortes discriminations subsistent sur l’adoption…

La grande avancée du mariage gay par rapport à l’union civile est qu’il permet l’adoption conjointe, celle qui confère la parentalité aux deux personnes du couple.

En revanche, l’adoption conjointe n’est pas possible là où n’existe pour les homosexuels que la possibilité de contracter une union civile. Il en est ainsi en Italie même si une décision de la Cour de cassation a rendu possible, dans un couple de lesbiennes, l’adoption par la conjointe de l’enfant naturel de sa compagne.

Évidemment, aucune possibilité d’adoption conjointe n’existe là où aucun contrat n’est prévu pour deux personnes du même sexe formant un couple.

En Pologne, où 88 localités se sont constituées en « zone anti-LGBT », on envisage même d’inscrire dans la constitution l’interdiction d’adopter pour les homosexuels.

… surtout en Pologne mais aussi en Hongrie

Ce dernier pays pratique vraiment une politique officielle de discrimination. Ainsi, une décision de la Cour constitutionnelle polonaise prise en 2019 autorise les commerçants à refuser des clients homosexuels pour des motifs de « conviction religieuse » !

Les « zones anti-LGBT » font par ailleurs l’objet d’une enquête du Conseil de l’Europe tandis que l’Union européenne a privé six villes polonaises qui les avaient instaurées de subventions liées à des jumelages avec d’autres villes européennes.

En Hongrie, où l’union civile est pourtant possible depuis 2009, l’adoption individuelle est même interdite aux homosexuels célibataires.

A l’inverse, pas d’union civile en Roumanie mais ce pays s’est doté d’une loi pénalisant toute discrimination à l’encontre des homosexuels.

Le don de sang reste partout discriminant pour les homosexuels

On peut dire que les pays « progressistes » ont pratiquement éliminé toute forme légale ou réglementaire de discrimination anti-gays.

Toutefois, bien qu’elle se pratique, la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules ou vivant en couple homosexuel n’est pas formellement autorisée en Allemagne alors qu’elle va bientôt l’être en France.

Et puis, un peu partout, le don de sang des hommes homosexuels reste assorti de conditions restrictives pour des raisons de prophylaxie anti-SIDA.

Comme celle d’avoir été abstinent (dans beaucoup de pays depuis un an) ou de vivre en relation stable. A cet égard, la France exige au moins quatre mois de durée minimum.


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