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Malgré Biden, Turcs et Arméniens restent irréconciliables

lundi, 26 avril, 2021 - 08:52

La reconnaissance du génocide arménien par Joe Biden provoque la joie dans la diaspora arménienne, mais complique davantage les relations entre les Etats-Unis et la Turquie.

Joe Biden en avait fait une promesse de campagne. En reconnaissant le génocide arménien ce weekend, il est le premier président américain à s’engager dans un conflit mémoriel qui dure depuis plus d’un siècle. Même si son entourage s’est empressé de de souligner qu’il s’agissait d'”honorer les victimes, pas d’accabler qui que ce soit”, il était évident que l’annonce serait mal reçue en Turquie, et particulièrement auprès du président Erdogan.

Recep Tayyip Erdogan n’a pas apprécié la prise de position du Président américain, qu’il qualifie de “mensonge”. Le génocide arménien est pourtant reconnu par plus d’une vingtaine de pays et le travail des historiens en ce sens ne fait aujourd’hui plus de doute. Les Arméniens estiment qu’un million d’entre eux ont été tués pendant la Première guerre mondiale par les troupes de l’empire ottoman. Le congrès américain a reconnu ce génocide en décembre 2019 lors d’un vote symbolique – et d’ailleurs l’annonce de Biden n’a toujours pas de portée légale.

Un sujet qui reflète la nouvelle politique américaine

L’engagement récent du Président américain sur les questions liées au réchauffement climatique, l’annonce du retrait des troupes basées en Afghanistan, ou la prise de position sur le génocide arménien font partie des nombreuses décisions américaines qui dessinent une nouvelle stratégie en Europe et ailleurs, basée sur la défense des droits humains.

Et la relation turco-américaine est déjà dégradée par plusieurs contentieux, comme l’achat par Ankara de missiles russes S-400. Le sujet arménien ne peut qu’aggraver les tensions avec une Turquie dans le déni, que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a qualifiée de “soi-disant partenaire stratégique” qui “par de nombreux aspects ne se comporte pas comme un allié.

Les deux dirigeants se rencontreront en juin en marge du sommet de l’Otan à Bruxelles.


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