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L’OCDE alerte sur l’urgence d’investir dans la santé mentale

mercredi, 9 juin, 2021 - 14:34

Depuis des années, la santé mentale souffre de manque de moyens. La pandémie du Covid-19 a libéré des fonds massifs pour les vaccins et la prise en charge médicale. Mais l'inquiétude face à la crise, la colère et la frustration, le sentiment d'isolement et de solitude ont profondément marqué les personnes fragiles, souvent précaires ou jeunes.

La crise sanitaire a provoqué une nette augmentation des problèmes de santé mentale, pourtant les investissements et la qualité des soins doivent être augmentés d’urgence, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans un rapport publié hier. « Les services psychiatriques ont longtemps été négligés et sous-financés, et les besoins de soins non satisfaits restent élevés » notent les auteurs. Et la santé mentale souffre aujourd’hui d’une politique qui n’est pas à la mesure des enjeux de santé publique.

Avant la crise, une personne sur deux avait déjà souffert de troubles psychiques au cours de sa vie, et une sur cinq en est atteinte à tout moment. Depuis, les politiques de confinement et la crise économique ont provoqué une forte progression ces problèmes, particulièrement chez les jeunes, les chômeurs et les personnes en situation de précarité financière.

Les coûts économiques liés aux troubles mentaux représentent 4,2% du PIB de l’OCDE, dont un tiers sont liés à des taux d’emploi plus faibles et une perte de productivité. Et les solutions sont connues et réclamées par les professionnels : davantage de prévention, une meilleure prise en charge, un meilleur accès à l’éducation et à l’emploi. La pénurie de personnel s’est accentuée : 67% des personnes ayant souhaité obtenir des soins déclarent avoir eu des difficultés pour les obtenir. « Onze pays de l’OCDE ne comptent qu’un psychologue ou moins pour 10.000 habitants » selon le rapport.

Une situation alarmante chez les jeunes

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « la santé mentale n’est pas seulement ne pas avoir de maladie, c’est se sentir bien ». L’enquête CoviPrev, menée par Santé Publique France depuis le mars 2020, indique une augmentation de la prise en charge des jeunes patients pour tentatives de suicide et d’autres diagnostics de santé mentale. Les restrictions mise en place dans la lutte contre la pandémie ont généré un stress très important, ce qui est reflété par la hausse de la consommation des médicaments psychotropes comme les antixioloitiques et les antidépresseurs.

Les troubles alimentaires, les addictions, la consommation de tabac et d’alcool ont progressé, parfois à cause de l’ennui et du stress. 27% des personnes interrogées expliquent aussi avoir pris du poids et 22% grignotent davantage entre les repas. La dépendance à internet est désormais générale, ainsi que l’accès à la pornographie.


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