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La droite nationale en position de force au sud de l’Europe

mardi, 15 juin, 2021 - 09:44

Alors que le Rassemblement national pourrait l’emporter dans quatre régions françaises, les forces nationales populistes dominent en Italie et s’installent comme troisième force en Espagne. Elles restent fortes en Autriche, Finlande et Flandre mais déclinent aux Pays-Bas, Danemark et Allemagne.

Alors que sa présidente Marine Le Pen est créditée de 27% des voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, le Rassemblement National a, selon les derniers sondages, des chances d’emporter quatre des treize grandes régions françaises à l’issue du second tour des élections régionales des 20 et 27 juin.

Ce progrès de ce qu’il est convenu d’appeler le « national populisme » dans l’Hexagone intervient alors que, parallèlement, des candidatures « anti-système » semblent être en capacité de recueillir des soutiens non-négligeables dans l’opinion.

Le RN atteint en ce moment des scores dans les sondages plus élevés que ses meilleurs résultats électoraux effectivement obtenus ces dernières années.

Mais une telle poussée dans l’opinion s’est déjà produite dans le passé sans pour autant se concrétiser dans les urnes. Et si le Rassemblement National a des chances non-négligeables de diriger l’exécutif dans quatre régions françaises (PACA, Grand-Est, centre Val de Loire et Bourgogne), il n’est pas exclu non plus qu’il n’en remporte aucune à l’issue du second tour des régionales.

L’Italie, championne du populisme

L’extrême droite anti-immigration et eurosceptique – car la plupart de ces partis ont abandonné pour l’instant leurs positions franchement europhobes – se porte bien au sud de l’Europe ainsi que dans plusieurs pays du nord.

Même si elle participe en partie à l’actuelle coalition d’union nationale, cette droite radicale conserve une position très puissante en Italie. Mais sa composition est en pleine mutation.

Ainsi, la « Lega » de Matteo Salvini est-elle en perte de vitesse, sans doute du fait de sa participation au gouvernement d’Union de Mario Draghi.

A 21% des intentions de vote, la Ligue est pratiquement rejointe par l’autre formation de droite dure conduite par Giorgia Meloni (notre photo), « Fratelli d’Italia », un mouvement héritier du néo-fascisme, actuellement crédité de 20% des intentions de vote.

Si l’on y ajoute les 16% attribués au mouvement « 5 étoiles », assez inclassable sur l’échiquier politique, on atteint en Italie l’incroyable score de 67% pour les formations défendant des positions « anti-système ». C’est unique en Europe !

Un nationalisme flamand à haut niveau

On serait tenté d’observer un phénomène analogue en Belgique puisque les nationalistes flamands de la N-VA et leur 20% d’intentions de vote sont devancés par l’extrême droite du Vlaams Belang.

Mais la N-VA se rapproche à maints égards d’une formation de droite traditionnelle et n’est pas hostile à l’Europe. Il serait donc excessif de la classer dans la mouvance national-populisme

Le populisme se porte bien en Espagne, Pologne et Autriche…

En Espagne, alors que la gauche radicale de Podemos s’effondre, l’extrême droite représentée par le parti « Vox » fidélise désormais, à 16%, une part conséquente de l’opinion.

Quant au parti de la Liberté autrichien, le FPÖ, il maintient ses positions à 17% de même que le parti des « Vrais Finlandais » domine de nouveau le paysage électoral finnois à 22%.

Et bien sûr, en Pologne, la droite très conservatrice de « Droit et Justice » reste nettement en tête même si ses positions s’effritent.

… mais régresse au Pays-Bas et au Danemark et se voit défier en Hongrie

Le Parti pour la liberté de Geert Wilders ne recueille plus que 11% aux Pays-Bas, un recul cependant de moindre ampleur que la marginalisation, à 5%, du Parti du Peuple Danois.

En Hongrie, la droite dure du Fidesz du premier ministre Viktor Orban recueille toujours près de la moitié des intentions de vote.

Le fait nouveau est qu’une union de l’opposition très hétéroclite allant de l’extrême droite à la gauche devance désormais le parti gouvernemental.

L’euroscepticime reste contenu en Allemagne

Outre-Rhin, « Alternative pour l’Allemagne » (AFD), la formation eurosceptique, plafonne à 11%.

Mais nos voisins germaniques sont plus intéressés, à trois mois des élections générales, par le déclin des chrétiens démocrates de la CDU, le parti de la chancelière qui, en avril, s’est même vu dépasser par les Verts emmenés par Annalena Baerbock.

Cet engouement a cependant tourné court suite aux accusations d’irrégularités fiscales et de CV inexact de cette dernière ont fait refluer les Verts à 5 points derrière la CDU.

Reste qu’une coalition chrétienne démocrate-Verts se profile à l’horizon…


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