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Glyphosate : vers un renouvellement européen?

lundi, 21 juin, 2021 - 10:16

Par  admin

Les agences ont mis en avant les études menées par les industriels qui commercialisent le glyphosate et qui demandent un renouvellement de l'autorisation du produit controversé. Alors que de nombreux procès à l'étranger ont confirmé sa dangerosité pour les humains et la nature.

C’est une mauvaise nouvelle pour l’écologie : le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde, actuellement autorisé dans l’Union européenne (UE) jusqu’en décembre 2022, pourrait voir son autorisation prolongée. La France, la Hongrie, les Pays-Bas et la Suède, quatre pays rassemblés au sein du groupe d’évaluation pour le glyphosate (AGG), ont rédigé un rapport de 11.000 pages à l’attention de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

Le groupe d’évaluation estime que le glyphosate ne peut pas être classé comme mutagène, c’est-à-dire provoquant des mutations au sein du matériel génétique des cellules, ni comme un agent affectant certains organes comme le foie, les poumons ou le système nerveux. Il ne fait pas partie non plus des perturbateurs endocriniens, il n’est pas cancérigène, ni reprotoxique (toxique pour les fonctions reproductrices). Il peut toutefois provoquer des lésions oculaires graves.

Un avis largement influencé par les industriels

Les études qui ont servi pour cette évaluation proviennent essentiellement des industriels qui produisent le glyphosate. Et se trouvent à l’opposé des décisions prises par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En France, le rapport a été mené par l’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation, qui préconise pourtant des “distances de sécurité” entre les cultures et les habitations, de trois mètres pour les grandes cultures à 10 mètres pour les vergers et les vignes. Ce qui est bien insuffisant pour les ONG.

La sortie unilatérale du glyphosate, annoncée par Emmanuel Macron, est donc loin d’être assurée. De son côté, le vice-président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, se félicite de ce revers : “Nous allons, dans la campagne présidentielle, plaider pour que la rationalité préside aux décisions, et pas des théories du complot qui s’érigent en magistère moral”.


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