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Après le déconfinement, les féminicides progressent en Europe

mardi, 29 juin, 2021 - 12:59

Par  admin

La fin des restrictions sanitaires voit une "épidémie de machisme" qui s'abat sur les femmes en milieu conjugal ou familial. Si le nombre des féminicides a vu une baisse en 2020, c'est surtout parce que les femmes ont été plus isolées et dans l'incapacité de déposer des plaintes pour violence.

Les restrictions sanitaires et les confinements successifs ont représenté une période difficile pour les familles et les couples, surtout parmi les catégories sociales disposant de logements modestes. Les violences envers les femmes se sont multipliées, mais cette progression n’a pas forcément été documentée, beaucoup de personnes étant confinées chez elles ou redoutant d’appeler à l’aide. Les plaintes pour assassinats ont donc baissé pendant les confinements. En France, en Italie, ou en Espagne, le nombre de  féminicides a baissé l’an dernier avec respectivement 90, 67, et 345 femmes tuées. En Belgique, le chiffre s’est maintenu à 24.

Avec la fin du huit clos familial ou conjugal, le nombre de féminicides est reparti à la hausse, même si peu de pays européens tiennent des statistiques précises sur ces décès. En Espagne, depuis le mois de mai, une femme est tuée tous les trois jours par son conjoint ou ex-conjoint. Précédemment, c’était un fois par semaine en moyenne. En Belgique, 13 féminicides ont été recensés fin avril, contre 24 sur l’ensemble de l’année 2020. En France, 5 femmes ont été tuées à ce jour, contre 46 à la même date en 2020.

Une progression généralisée en Europe

En Espagne, de mi-mars à mi-juin de cette année, les demandes d’aides ont augmenté de 58% par rapport à la même période de 2019. Les demandes d’information en ligne ont vu une forte progression (+458%).  L’Espagne est d’ailleurs le premier pays européen à avoir adopté en 2004, une loi faisant du féminicide une circonstance aggravante en cas d’agression. Le pays veut en finir “une fois pour toutes” avec ce “fléau”, selon le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. En Italie et en Allemagne, mêmes tendances avec des pics très marqués en avril et mai 2020. Au Royaume-Uni, l’association “Refuge” a reçu du printemps 2020 à février 2021 presque deux fois plus d’appels qu’en temps normal.

En France, après deux années de préparation, le 3619, la ligne d’écoute pour les femmes victimes de violences, est enfin accessible, depuis ce lundi, à toute heure du jour et de la nuit. Avec ces horaires étendus, les femmes vivant en outre-mer auront accès à ce numéro. Et les services en direction des femmes en situation d’handicap sont également prévus. Pour Françoise Brié, directrice de la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF), “c’est la reconnaissance qu’une ligne d’écoute nationale pour les femmes victimes de violences, ça nécessite de la formation, de l’expertise et un environnement d’associations, qui font partie des piliers du 3919, de la réponse que l’on peut apporter aux femmes”.


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