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Congé paternité : Scandinavie et Péninsule ibérique en pointe

mardi, 6 juillet, 2021 - 12:51

La durée du congé paternité vient de passer de 14 à 28 jours en France. Une avancée significative qui laisse encore l’Hexagone assez loin des pays les plus volontaristes sur l’implication des pères dans les soins aux jeunes enfants : Suède, Finlande, Espagne ou Portugal.

Depuis le 1er juillet dernier, la durée du congé paternité en France a été doublée, passant de 14 à 28 jours, soit un quart de la durée totale du congé maternité de 16 semaines.

S’y ajoute la possibilité de prendre un congé parental de 12 mois à se répartir entre les deux parents et qui fait l’objet d’une indemnisation spécifique.

Cet allongement du congé paternité en France représente une avancée importante.

D’une part parce que l’employeur a désormais l’obligation de mettre son salarié masculin en congé pour au moins sept jours, même si celui-ci n’en fait pas la demande.

D’autre part parce que l’indemnisation de ce congé est généreuse : elle prévoit le versement intégral du salaire par l’entreprise pendant les trois premiers jours – ce que l’on appelle le congé de naissance – et l’indemnisation à hauteur d’environ 80% du salaire brut pendant les 25 jours restants.

Pour la sécurité sociale, cela représente une dépense supplémentaire de 780 millions d’euros à partir de l’année 2022. Car deux tiers des pères en France utilisent tout ou partie de leur congé paternité.

C’est une très grosse différence par rapport au congé parental auquel moins de 1% des pères ont recours du fait de la modicité de l’indemnisation : 400 € mensuels au maximum.

16 semaines de congés paternité en Espagne

Si la situation s’améliore donc en France, l’Hexagone est encore loin des prestations généreuses de certains pays.

Ainsi, depuis le début de l’année, l’Espagne est le premier pays à traiter pères et mères sur un strict pied d’égalité avec 16 semaines de congé maternité et paternité – quatre fois plus qu’en France – indemnisés à près de 100%.

Elle est suivie de la Finlande – neuf semaines de congés paternité – et ce pays se prépare à passer lui aussi à l’égalité pères-mères avec une indemnisation de six mois et demi à 75% du revenu habituel.

Quant au Portugal, aux cinq semaines de congé paternité payés à 100% s’ajoutent six mois de congé parental à partager entre les deux parents et indemnisés à plus de 80%.

En outre, les parents portugais d’enfants atteints de maladie bénéficient d’avantages supplémentaires.

16 mois de congés parentaux indemnisés en Suède

Concernant la Suède, il faut préciser que, comme en Allemagne, il n’existe pas de congés paternité proprement dit.

Le pays mise tout sur les congés parentaux dont la finalité est plus celle de l’épanouissement de l’enfant que l’apprentissage du rôle de parent. Et la Suède mise gros : 480 jours – soit 16 mois de congés parentaux dont 10 à se partager entre les parents et indemnisés à 80% du salaire.

Pas étonnant que 45% des pères utilisent ces congés… Et que les pousseurs de poussettes suédois soient presqu’autant des hommes que des femmes.

Pour ce qui est de l’Allemagne, ce que l’on appelle outre-Rhin le « temps parental » est limité à trois ans et se partage entre les deux parents.

Mais seule la première année est décemment indemnisée (à environ 65% du salaire) et, pour le restant, des systèmes visent à encourager le travail à temps partiel.

Royaume-Uni et Italie à la traine

Parmi les pays qui sont plutôt en retard, on trouve le Royaume-Uni qui indemnise mal et peu longtemps les deux parents.

Quant à l’Italie, elle s’intéresse beaucoup à la mère qui bénéficie de 20 semaines de congé maternité mais beaucoup moins au père qui ne dispose que de dix jours. Et le congé parental facultatif compense, en Italie, à peine un tiers du revenu.

Ce niveau est néanmoins plus élevé que l’indemnisation du congé parental en France. Un congé qui ne fonctionne pas et que le gouvernement veut réformer.

Quoiqu’il en soit, les Européens se penchent à l’évidence sur cette question avec la conviction que les racines de l’inégalité hommes-femmes se situent au niveau de l’éducation et des soins aux tous jeunes enfants.

Et l’excellence en la matière, jusque-là centrée sur la Scandinavie, a désormais gagné la Péninsule ibérique. Il y a encore du travail en France…


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