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Une nouvelle vague de migrants Afghans aux portes de L’Europe

dimanche, 15 août, 2021 - 10:59

En 2015, un million de réfugiés syriens ont été accueillis en Europe. La reconquête de l'Afghanistan par les talibans fait redouter un exode massif vers le Vieux continent, et l'Europe cherche à se protéger.

Jour après jour, l’avancée des talibans en Afghanistan et l’encerclement de Kaboul terrorise une population qui n’a d’autre choix que de fuir. Un mouvement migratoire de masse est en cours et pourrait provoquer en Europe une crise migratoire proche de celle de 2015. La Lituanie est déjà débordée, la Grèce se concentre actuellement sur l’extinction des feux de forêts, et la Turquie réagit très mal à la décision des Vingt-Sept, qui espèrent sous-traiter à des pays tiers la gestion de cette crise à venir.

3,6 millions de réfugiés syriens vivent déjà en Turquie. Or, dans une interview au quotidien Bild, le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a déclarée que la Turquie serait un “meilleur endroit, plutôt que tout le monde venant en Autriche, en Allemagne ou en Suède”. Ankara a tout de suite répondu que son pays “ne sera pas le garde-frontière ou le camp de réfugiés de l’Union européenne”. Déjà, l’Organisation internationale des migrations fait état de 360.000 déplacés internes depuis le début de l’année. 40.000 Afghans franchissent chaque semaine les frontières avec l’Iran et le Pakistan depuis le début de l’été. Mais ces chiffres sont sûrement sous-évalués.

L’Europe cherche désespérément à se protéger

Si certains pays comme le Canada se montrent plus accueillants, avec la promesse d’accueillir 20.000 réfugiés Afghans, l’Europe ne veut pas subir une nouvelle vague migratoire. Les prochaines échéances électorales en Allemagne et en France font redouter un ton plus dur. La crise du Covid ne va pas non plus faciliter l’hospitalité. La prise de Kaboul par les islamistes pourrait s’avérer catastrophique et les Afghans se sentent trahis par les Etats-Unis et l’Angleterre. Le flux de migrants “pourrait être beaucoup plus fort si les talibans conquièrent tout le pays, sans qu’un accord soit signé avec le gouvernement actuel” estime Camille Le Coz, chercheuse à l’Institut Migration Policy.

L’Europe cherche à développer la sous-traitance de ces réfugiés à des pays tiers. En 2016, un accord avec la Turquie, contre 6 milliards d’euros, a permis de limiter les flux migratoires. Ankara refuse désormais un tel accord, sûrement pour faire monter les enchères, car l’opinion turque est désormais opposée à de nouveaux camps de réfugiés. Une autre route migratoire existe, à travers les républiques d’Asie centrale, la Russie, puis la Biélorussie.

Or les pays de l’Est sont très hostiles à l’immigration extra-européenne, c’est aussi le cas du Danemark. La Lituanie utilise déjà l’arrivée de nouveaux migrants face à la Commission européenne. Les pays nordiques, tout comme le Royaume-Uni, sont en train de durcir les conditions de présence sur leurs territoires. Et l’Allemagne est terrorisée à l’idée d’une nouvelle crise migratoire.


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